Abbé Berlioux
Un Mois avec nos amies
:
les âmes du Purgatoire
les connaître, les prier, les délivrer
Pourquoi des lectures et des prières
pendant un mois ?
Soulager les morts et être utile aux
vivants, tel est le double but que nous avons voulu atteindre en composant ce
petit opuscule. On sait bien dans le monde chrétien, que la prière des vivants
est utile aux morts, mais on ne sait pas assez que les suffrages pour les morts
sont utiles aux vivants. Oui, la puissance et la gratitude des saintes âmes du
purgatoire sont trop peu connues et appréciées, et l’on ne se préoccupe pas
assez de recourir à leur intercession. Et pourtant, leur crédit est si grand
que si l’expérience de chaque jour n’était là pour en rendre témoignage, à
peine pourrait-on le croire. A la vérité, ces âmes bénies ne peuvent plus
gagner de mérites, mais elles ont la faculté de faire valoir leurs mérites
antérieurs en notre faveur. Elles ne peuvent rien obtenir pour elles -même mais
les prières qu’elles font pour nous et les souffrances qu’elles endurent
touchent vivement le Cœur de Dieu. Et si elles peuvent déjà nous être
grandement utiles pendant qu’elles sont dans le lieu de l’expiation, que ne
feront-elles pas pour nous lorsqu’elles seront au Ciel ! Comme elles seront
reconnaissantes envers leurs bienfaiteurs !
Aussi, le plus grand nombre des
théologiens, entre autre les saints Liguori,
Bellarmin, Suarez… enseignent que l’on peut légitimement et très utilement
invoquer les âmes du purgatoire, pour obtenir de Dieu les grâces et les faveurs
dont on a besoin, soit pour l’âme, soit pour le corps. Ste Thérèse avait
coutume de dire que tout ce qu’elle demandait à Dieu par l’intermédiaire des
fidèles trépassés, elle l’obtenait. « Quand je veux obtenir sûrement une grâce,
disait Ste Catherine de Bologne, j’ai recours à ces âmes souffrantes, afin qu’elles
présentent ma requête au Seigneur, et la grâce est toujours accordée. » Elle
assurait même qu’elle avait reçu par leur entremise bien des faveurs qui ne lui
avaient pas été accordées par l’intercession des Saints.
Il y a notamment certaines faveurs
temporelles qui semblent être plus particulièrement réservées à ces âmes : la
guérison d’une maladie grave, la préservation d’un danger physique, moral ou
spirituel, le mariage et l’entente dans les foyers, trouver un travail… Dieu,
sachant combien les hommes attachent de prix à ces biens de second ordre, les a
mis, pour ainsi dire, à la disposition des âmes souffrantes, afin de nous
inciter par là à leur procurer les plus abondants suffrages.
Il y a donc tout à gagner pour nous à
échanger ainsi nos prières contre celles de nos frères les morts. Admirable don
de
Vous pouvez commencer ces lectures et
prières
Soit : début novembre pour le
mois qui leur est concerné
Soit : le 25 novembre pour
terminer le plus grand jour de la libération des âmes du purgatoire : NOËL
Soit : à partir du moment où
vous recevrez ce livre
Soit : au décès d’une
personne aimée
Soit : lorsque vous vous y
sentirez appelé…
Abbé Berlioux
Premier jour –
Prière – Seigneur, exaucez les prières que
nous vous adresserons chaque jour de ce mois pour la consolation de nos frères
les morts, et procurez leur un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix
! Ecoutez aussi la prière que ces âmes du purgatoire vous adresserons
pour nous, afin que nous obtenions désormais, par leur entremise, les grâces
que nous vous aurons demandées.
1. Motifs de sanctifier ce mois
L’origine du mois des morts
remonte jusqu’à la loi ancienne, jusqu’au peuple d’Israël. Ce peuple, en effet,
qui seul possédait alors le véritable esprit de Dieu, ne se contentait pas de
proclamer dans ses livres inspirés que c’était une simple et salutaire pensée
de prier pour les morts, mais il voulut encore régler le temps et la durée de
cette prière. C’est pourquoi il fut établi que le deuil ne serait achevé, dans
chaque famille, que lorsque chaque mort aurait été pleuré pendant un mois
entier. Ainsi, après le trépas du patriarche Jacob, ses fils le pleurèrent et
firent des prières pendant trente jours.
Encouragés par une pratique si ancienne et
si autorisée, la piété des fidèles a consacré un mois entier au soulagement des
âmes du purgatoire. Et comme l’Eglise célèbre la commémoration de tous les
fidèles trépassés le deuxième jour de novembre, ce mois a semblé le plus
convenable pour cette dévotion. Le mois des âmes du purgatoire, recommandés par
les Souverains Pontifes, enrichi de faveurs spirituelles, est célébré
publiquement par un grand nombre de communautés religieuses et de paroisses
chrétiennes.
Saluez avec bonheur l’aurore de ce mois
qui répond admirablement aux besoins de votre cœur. Il va nous rappeler les
souvenirs les plus tendres de la famille, les promesses les plus sacrées, les
adieux les plus touchants. Il va développer votre compassion en faveur de
frères et d’amis qui doivent vous être d’autant plus chers, qu’ils sont
souffrants et malheureux. Oui, la dignité de ces âmes infortunées, la rigueur
de leurs peines, leur impuissance à se secourir elles – mêmes,
2. Moyen de bien le sanctifier
Pour bien célébrer le mois
des morts, prenez aujourd’hui les résolutions suivantes, auxquelles vous serez
fermement fidèle. Chaque jour, dès le matin, offrez à Dieu pour les âmes du
purgatoire, les mérites de vos travaux, de vos souffrances, tout pour le
soulagement de vos parents défunts. Ayez une heure fixe dans la journée pour
lire attentivement votre mois des âmes du purgatoire. Cette lecture éclairera
votre esprit, attendrira votre cœur : ne l’omettez jamais. Allez quelquefois au
cimetière déposer sur la tombe de tous ceux qui vous ont été chers, vos prières
qui les consoleront. Il fait bon prier ! Chaque semaine, consacrez un jour plus
spécial aux âmes du purgatoire, le mercredi par ex, et assistez à
3. Exemple
Voici comment une personne
digne de foi raconte sa guérison extraordinaire, obtenue par l’entremise des âmes
du purgatoire, durant le mois de novembre :
« J’étais depuis plusieurs
années, atteinte d’une cruelle maladie qui faisait de mon corps un squelette,
de ma vie un martyre, et me conduisait vers la tombe. J’avais consulté
plusieurs médecins spécialistes ; mais tous les remèdes qu’ils me
prescrivaient, après quelques rares instants de soulagement, me laissaient plus
faible et plus oppressée. Ne pouvant rien obtenir des ressources de la
médecine, j’ai laissé de côté tous les médicaments et j’ai eu recours aux âmes
du purgatoire qui comprennent bien le mystère de la souffrance. Le mois de
novembre, qui leur est spécialement consacré, allait commencer. Je pris la
résolution de le célébrer avec toute la ferveur possible. Mes parents et les
personnes ferventes de ma connaissance unirent leurs prières aux miennes.
Chaque soir, assemblés dans ma chambre au pied d’une statue de St Joseph, nous
demandions avec confiance deux choses : la délivrance des âmes du purgatoire et
ma guérison. Vers la fin de la première semaine, j’éprouvais une amélioration
sensible, et chose admirable, le jour de la clôture du mois, j’étais à
l’église. Ma guérison était complète. Il ne restait plus trace de la maladie
qui m’avait torturée si longtemps et qui, au dire même des médecins, était
incurable. Ils ont été singulièrement surpris d’apprendre que j’avais échappé à
la mort. Grâces soient rendues aux saintes âmes du purgatoire dont la
protection s’est manifestée d’une manière si visible à mon égard ! »
Que de faveurs nous obtiendrons aussi si
nous prions pendant un bon mois pour les saintes âmes du purgatoire ! Courage
donc et confiance !
Prions – Dieu bon et miséricordieux,
daignez exaucer les prières ferventes que nous vous adresserons durant ce mois
de bénédictions. Nous en consacrerons tous les jours et toutes les heures au
soulagement et à la délivrance de ces âmes captives qui crient vers vous et
vers nous du fond de leurs ténèbres. Seigneur, appelez vos enfants et nos
frères au repos éternel, et que la lumière qui ne s’éteint plus, luise sur eux
! Qu’ils reposent en paix.
Dîtes ensuite chaque jour –
- une dizaine de chapelet
- les litanies des fidèles
défunts
- le Credo
- le Salve Regina
- la prière pour les âmes du
purgatoire
- le De Profundis
( prières ci-dessous en fin de
livret p. 40-41 )
Deuxième Jour – Le Purgatoire
1. Qu’est – ce - que le purgatoire ?
La foi nous apprend que le
purgatoire, comme l’étymologie de ce mot l’indique, est un lieu de douleur et
d’expiation, où
Tel est le purgatoire. C’est là que
souffrent et gémissent la plupart des âmes qui ont terminé leur pèlerinage
d’ici-bas. Car l’entrée immédiate dans le Paradis n’est la
privilège que d’un petit nombre. C’est là que certains de nos parents, de nos
bienfaiteurs, de nos amis sont peut-être encore. C’est là que nous – même
serons vraisemblablement un jour ! Et peut – être bientôt ! Et qui pourrait se
flatter de mourir assez pur pour ne rien avoir à expier ? Il importe donc de
bien connaître l’état de ces pauvres âmes pour compatir à leurs douleurs et
pour mériter d’être soulagés à notre tour !
2. Pourquoi le purgatoire ?
Lorsqu’une âme paraît devant
le Souverain Juge, si elle est exempte de toute souillure, Jésus lui ouvre
le Ciel et lui décerne la couronne promise aux justes. Mais, si cette âme ne
porte sur la robe de son innocence que quelques légères souillures, que
deviendra – t – elle ? Où ira – t –elle ? Que deviendront tant d’autres âmes
pas assez pures pour monter au Ciel, pas assez obscures pour choisir l’enfer ?
Ne verront – elles donc jamais la face de Dieu ?
Bénissons le Seigneur qui a trouvé le
moyen de concilier les droits de sa Justice et de sa Miséricorde, en plaçant le
purgatoire comme un jalon entre le Ciel et l’enfer. Là, ces âmes s’épurent
comme l’or dans le creuset. Là, s’effacent la rouille et les traces du péché.
Aussi Tertullien, faisant allusion aux souffrances qu’on y endure, les appelle
les tourments de
Considérez donc que le Purgatoire a sa
raison d’être. Oui, il est nécessaire pour compléter la pénitence que nous
n’aurons pas faite en ce monde pour satisfaire à
3. Exemple
Un prêtre prêchant sur le
purgatoire, terminait ainsi son instruction : « Ces derniers jours, j’ai reçu
la nouvelle que mon père venait de mourir. Etant éloigné de ma famille, cette
nouvelle m’a brisé le cœur. Je n’ai pas eu le bonheur de l’embrasser pour la
dernière fois ; je n’ai pas pu lui fermer les yeux de ma main qu’il aimait tant
à baiser lorsqu’elle reçut l’onction du sacerdoce. Dans la peine que je
ressens, dans la douleur qui m’accable, l’unique consolation que j’éprouve,
c’est de pouvoir le recommander à vos prières à vous tous qui êtes si bons et si indulgents pour moi. Lorsque dans cette
pensée, je monte à l’autel, afin d’offrir le saint sacrifice pour le repos de
l’âme de mon père, il me semble que je ne l’ai pas perdu ; il me semble enfin
que ma prière adoucit, abrège ses peines, le délivre du purgatoire et lui ouvre
le Ciel, où il m’a donné rendez – vous dans la maison de Dieu. C’est une pensée
sainte et salutaire de prier pour les morts ! Oh que le purgatoire est bien une
invention de
Prions - J’adore, ô mon Dieu, vos
éternels décrets ; je confesse que le purgatoire, en conciliant votre Justice
et votre Miséricorde, est une œuvre de votre Amour. Faites, Seigneur, que
j’évite par la pénitence, ce lieu de peines et de privations, et que ma prière
obtienne de votre indulgence paternelle, la fin de l’exil de ces âmes
souffrantes qui vous appellent avec tant d’ardeur. Ô Jésus, soyez leur propice
! Appelez vos enfants et nos frères au repos éternel, et que la lumière qui ne
s’éteint plus luise sur eux. Qu’ils reposent en paix !
Troisième jour – Existence du purgatoire
(1)
1.
L’existence du Purgatoire
n’est pas seulement une pieuse croyance, que nous sommes libres d’accepter ou
de rejeter, c’est un dogme formel enseigné par la foi et que nous devons
professer sous peine d’anathème. C’est une sainte et salutaire pensée, dit l’Ancien
Testament, de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs
péchés. Les Juifs étaient tellement convaincus de cette vérité qu’ils avaient
dans leur rituel une prière spéciale, que le chef de famille devait faire, pour
la délivrance des trépassés, avant de se mettre à table. Jésus – Christ lui –
même enseignait : « Réglez vos comptes avec votre adversaire pendant que vous
êtes dans la vie ; car autrement votre adversaire vous remettra entre les mains
du juge, et le juge vous livrera à son ministre qui vous jettera dans une
prison, d’où vous ne sortirez que lorsque vous aurez payé votre dette jusqu’à
la dernière obole ». Or cet adversaire, disait St Augustin, c’est Dieu lui –
même, l’ennemi irréconciliable du péché. Ce juge inexorable, c’est Jésus –
Christ qui s’appelle dans l’Ecriture, le juge des vivants et des morts. Enfin,
cette prison redoutable, c’est le purgatoire d’où l’on ne peut sortir qu’après
avoir entièrement satisfait à
Jésus ne s’est pas contenté de graver dans
nos cœurs le souvenir du purgatoire. Il nous a donné l’exemple en descendant
dans les limbes après sa mort. Il a entraîné dans la joie immense du Ciel
ouvert à jamais, les âmes qui attendaient là depuis la chute d’Adam, cette
chute qui avait fermé l’accès du Paradis.
Mon Dieu, je crois au purgatoire, j’adore
l’équité de vos jugements, même dans les rigueurs de votre Justice !
2. L’enseignement de l’Eglise
La foi de l’Eglise n’est pas
moins explicite. Voici comment l’a formulé le Concile de Trente :
« Qu’il soit anathème celui
qui affirmerait que, après avoir reçu la grâce de la justification, tout
pécheur obtient tellement la rémission de sa faute et l’acquittement de la
peine éternelle, qu’il ne lui reste aucune dette temporelle à payer, ou en ce
monde ou en l’autre, dans le purgatoire, avant que lui soit ouverte l’entrée du
Royaume des Cieux ». Tous les docteurs grecs et latins, tous les peuples
anciens et modernes, ont professé la même croyance.
D’après ce point de foi, l’Eglise, mère
tendre et compatissante, prie tous les jours au cours de la messe pour les âmes
du purgatoire. Elle recommande à ses enfants d’offrir souvent à Dieu, prières,
sacrifices, souffrances et messes pour la délivrance de leurs frères décédés.
Enfin, elle a un solennel anniversaire, où elle appelle la chrétienté entière
au secours des fidèles trépassés. Il est consolant de penser qu’après notre
mort, l’Eglise priera pour nous, Elle invitera tous ses fidèles à demander à
Dieu notre délivrance, Elle ne cessera de prier que lorsqu’elle nous aura
introduit dans le sein de l’Eglise triomphante. Notre Eglise catholique est
comme une bonne mère, elle connaît la faiblesse de ses enfants !
3. Exemple
Judas Macchabée, cet homme de
foi et de cœur, à qui le Seigneur avait confié le soin de défendre Israël et sa
loi, Jérusalem et son temple, venait de remporter une grande victoire et de
mettre en fuite les ennemis de Dieu et de sa patrie. Le premier mouvement de ce
guerrier aussi pieux que brave fut de ployer le genou pour rendre grâce au Dieu
des armées. Puis se relevant avec les siens, il vit autour de lui les corps de
ses compagnons d’armes qui étaient morts, ensevelis dans leur triomphe. Pénétré
alors d’un sain respect pour les restes inanimés de ces braves, Judas les
recueillit avec soin pour les déposer dans le sépulcre de leurs pères. Enfin,
songeant aux âmes de ces martyrs de la religion et de la patrie, il fit faire
une collecte et envoya à Jérusalem douze mille drachmes d’argent, afin
d’obtenir un sacrifice pour les péchés des morts. Car il pensait avec sagesse
et piété à la résurrection, considérant que ceux qui étaient endormis dans la
foi avaient en réserve une récompense précieuse. Voilà ce qui se passait il y a
plus de deux mille ans, et confirmant toutes ces choses à la fois graves et
touchantes, l’Esprit de Dieu répétait par la bouche de l’historien sacré : «
C’est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts afin qu’ils
soient délivrés de leurs péchés. »
Prions – Enfant soumis de votre Eglise, je
crois fermement, ô mon Dieu, à l’existence du purgatoire. J’y crois parce – que
votre Esprit de vérité l’a révélé, parce – que vos saints et vos docteurs
l’enseignent. Augmentez ma foi afin que grandisse ma charité envers les âmes
captives. Soyez leur propice, ô Jésus ! Seigneur, appelez vos enfants et nos
frères au repos éternel, et que la lumière qui ne s’éteint plus, luise sur eux
! Qu’ils reposent en paix !
Quatrième jour – Existence du purgatoire
(2)
1. Témoignage de notre raison
D’accord avec la foi, la
raison proclame aussi l’existence du purgatoire ; sa voix nous parle comme
l’Eglise et les Ecritures. Elle nous dit d’abord que Dieu, étant la sainteté
même, rien d’impur ne peut entrer dans son Royaume ; qu’il y a une éternelle,
une invincible répulsion entre le moindre mal et le bien par excellence, et
qu’une âme, ne fut – elle souillée que d’une légère tache, est indigne de
s’unir à Lui tant qu’elle ne sera pas purifiée. Car pour la première fois, elle
introduirait le péché dans le Ciel. « Seigneur, s’écrie le Roi Prophète, qui
habitera votre tabernacle et qui se reposera sur votre montagne sainte ? Celui
– là seul qui est sans péché, et qui possède la perfection de
La raison nous dit encore que Dieu, étant
infiniment Juste, exige une réparation, Il ne peut pas davantage laisser sans
purification le plus léger péché, qu’Il ne peut
laisser sans récompense le plus petit acte de vertu. Donc, celui qui n’aura pas
réparé ses fautes en ce monde, les réparera infailliblement dans l’autre. Les
satisfactions que nous n’aurons pas rendues à
Prouvons notre foi au dogme du purgatoire
par une tendre charité pour les âmes qui en subissent les rigueurs, et en
évitant des fautes légères qui peuvent nous y conduire nous – même. Que celui
qui est juste devienne plus juste encore, et que celui qui est saint devienne
encore plus saint.
2. Témoignage de notre cœur
« Il n’y a pas de dogme
catholique qui n’ait ses racines dans les profondeurs du cœur humain » disait
Joseph de Maistre. C’est pourquoi nous somme naturellement enclins à embrasser
certaines vérités révélées. De ce nombre est le purgatoire. Les impies eux –
même, qui ont abjuré toute croyance, tout sentiment religieux, avouent avec sincérité, qu’ils ne peuvent, en ces graves
circonstances, retenir des prières secrètes qui s’échappent de leur cœur, pour
des personnes auxquelles de tendres liens les unissent étroitement. Preuve
évidente que c’est là un sentiment imprimé dans le cœur de l’homme par le Doigt
de Dieu. Aussi le retrouve – t – on dans tous les pays et chez tous les peuples
du monde. Qu’y a-t-il en effet de plus suave au cœur que cette croyance et ce
culte pieux, qui nous rattachent à la mémoire et aux souffrances des morts ?
Oui, nous avons besoin de croire qu’il existe au – delà des rives du temps, un
lieu d’expiation, qui n’est pas l’enfer, mais
3. Exemple
Un jeune Ecossais, luthérien,
avait un frère unique, qu’il aimait tendrement. Une apoplexie foudroyante le
lui enleva subitement au milieu d’une fête mondaine, où l’on ne s’attendait
guère à une aussi lugubre catastrophe. A partir de ce moment, il fut en proie à
une angoisse profonde et incessante. Il pensait constamment à ce passage si
brusque d’un festin au redoutable jugement de Dieu. Il craignait que son frère
ne fut pas trouvé assez pur pour entrer immédiatement
au Ciel. Sa religion protestante ne lui enseignait pas de lieu purificateur
entre les parvis célestes et les profondeurs de l’abîme. Pour se distraire, on
lui ordonna de voyager et il vint en France. Il y rencontra un prêtre et lui
fit part de son chagrin : « Mon ami, lui dit l’homme de Dieu, il est nécessaire
pour tout homme d’expier ses péchés, même dans l’au – delà. Notre foi
catholique nous dit qu’il y a entre le Ciel et l’enfer, un lieu intermédiaire,
où les âmes achèvent de se purifier, et où nous pouvons les secourir par nos
prières. » Il accepta l’enseignement de l’Eglise catholique, qui lui demandait
de prier pour son frère, afin qu’il entre dans le bonheur éternel tant il est vrai
que la croyance au purgatoire est un besoin du cœur humain !
Prions – Mon Dieu, que mes prières, mes
sacrifices, mes souffrances servent à toucher votre bonté et à hâter l’instant
de la délivrance des âmes de nos chers défunts. Soyez béni, ô mon Jésus, pour
vos consolations ! Appelez nos frères dans ce séjour éternel ! Qu’ils reposent
en paix.
Cinquième jour – Souffrances du purgatoire
– peine du feu
1. Feu véritable
La grande Tradition de
l’Eglise nous dit que les âmes ne sont admises dans le séjour de la gloire
qu’après avoir été purifiées par le feu. Evidemment, ce n’est pas celui de
l’enfer qui ne s’éteindra jamais ; c’est donc celui qui fera ressentir ses
rigueurs en purgatoire. Telle est l’affirmation unanime de tous les grands docteurs
de l’Eglise. Saint Augustin et Saint Thomas appelaient cela : le supplice du
feu ! Ce seul mot fait frémir. Etre tout entier dans le feu, dans un feu actif,
pénétrant, qui atteint l’intime même de l’être, quel cruel supplice ! Le feu
matériel n’agit que sur le corps, et combien ses effets sont horribles ! Qui
pourrait soutenir un charbon ardent sur sa main, une seule minute ? Mais le feu
du purgatoire agit sur l’âme elle-même ; il atteint l’intelligence, la mémoire,
la sensibilité : toutes les facultés en sont saisies et pénétrées. Devant ce
supplice que nous pouvons à peine imaginer et que nous avons si souvent mérité
par nos fautes journalières, posons nous cette question : qui parmi nous pourra
habiter dans ce feu dévorant ?
Mon Dieu, préservez nous du feu du
purgatoire ! C’est le souffle de
2. Exemples
Le vénérable Stanislas Kostka, Jésuite polonais, vit apparaître une âme du
purgatoire, toute enveloppée de flammes et poussant des cris lamentables. Il
lui demanda si ce feu était comparable à celui de la terre. L’âme lui répondit
que le feu de la terre, à côté de celui du purgatoire, était un doux zéphir. Mais le bon religieux, ayant de la peine à le
croire, lui dit qu’il voudrait bien en sentir l’ardeur, si cela était possible.
« Ah ! lui répondit l’âme du purgatoire, un homme
encore vivant n’est pas capable d’en sentir même une petite partie. Cependant,
pour vous convaincre, étendez la main vers moi et vous en aurez une idée. »
Stanislas étendit la main sur
laquelle le défunt laissa tomber une goutte de sueur. La douleur fut si vive
que le vénérable Stanislas poussa un grand cri et tomba sans connaissance,
comme s’il allait mourir. Aussitôt les religieux accoururent ; quand il fut
revenu à lui, ils s’informèrent de la cause de ce mal subit et du cri…
Au récit de l’évènement, ils
furent tous remplis de crainte, et prirent la résolution de multiplier leurs
pénitences, de fuir les plaisirs du monde et de raconter partout ce prodige,
afin d’éviter aux fidèles le terrible feu du purgatoire !
Saint Stanislas Kostka vécut encore un an, toujours en proie aux plus vives
douleurs de sa plaie qui ne se ferma pas…
Le Père Ferdinand de Castille rapporte cet
autre fait qui se réalisa dans le couvent St Dominique, à Zamora, en Espagne.
Dans ce couvent vivait un Dominicain très vertueux, uni d’amitié avec père
Franciscain non moins saint. S’entretenant souvent des mystères de l’au – delà,
ils s’étaient promis de ne pas s’oublier après la mort. Ce fut le Franciscain
qui mourut le premier. Peu de temps après sa mort, il apparut au Dominicain.
Après l’avoir salué affectueusement, il lui apprit qu’il lui restait beaucoup à
souffrir pour des choses légères qu’il n’avait pas expiées… Pour exciter son
ami à travailler à sa délivrance, il lui fit voir les flammes dont il était
dévoré. « Rien sur la terre, lui dit – il, ne peut vous donner une idée de l’ardeur
de ce feu. En voulez – vous une preuve ? » Il posa sa main sur une table et
elle s’y enfonça profondément. Cette table, témoin du feu du purgatoire, est
toujours conservée à Zamora, province de Léon en Espagne.
Ecoutez ce que Ste Catherine de Gènes nous
disait dans sa biographie : « De ce Divin Amour, je vois jaillir de l’âme
certains rayons et flammes brûlantes, si pénétrants et si forts, qu’ils
sembleraient capables de réduire au néant non seulement le corps, mais l’âme
elle – même s’il était possible. Ces rayons opèrent de deux manières : l’une
est de purifier, l’autre d’anéantir. »
Telle est l’effet du feu dans
les choses matérielles. Il y a cette différence que l’âme ne peut s’anéantir en
Dieu, mais uniquement dans son être propre. Plus elle se purifie, plus aussi
elle s’anéantit en elle – même et pour finir elle est toute purifiée en Dieu.
L’or, purifié à vingt – quatre carats, ne se consume plus, quel que soit le feu
par où il passe. Ce qui peut être consumé en lui, ce n’est que sa propre imperfection.
Ainsi s’opère dans l’âme, le Feu Divin. Dieu la maintient dans le feu jusqu’à
ce que toute imperfection soit consumée. Il la conduit à la pureté totale de
vingt-quatre carats, chaque âme cependant selon son degré. Quand elle est
purifiée, elle reste toute entière en Dieu, sans rien en elle qui lui soit
propre, et son être est Dieu. Une fois que Dieu a ramené à Lui l’âme purifiée,
celle – ci, n’ayant plus rien à consumer, ne peut plus souffrir. Dans cet état
de pureté, l’âme ne peut plus sentir que le Feu du Divin Amour de
Prions – O mon Dieu, combien je redoute
votre feu divin, quand je me rappelle ma vie sensuelle, mes innombrables
péchés, le peu que j’ai fait pour vous ! Ayez pitié de moi, Seigneur ! Mais
ayez aussi pitié des âmes de mes frères, qui m’ont précédé dans l’éternité, et
qui sont maintenant sous l’empire de votre Justice. O Jésus, soyez
- leur propice, et placez - les près de vous, au séjour de la gloire !
Qu’ils reposent en paix !
Sixième jour – Peine du dam
1. Privation de Dieu
La principale peine du
purgatoire n’est pas celle du feu, si terrible soit – elle. Une peine plus
grande est celle que les théologiens appellent la peine du dam. En ce monde,
nous ne comprenons pas l’intensité de ce supplice de privation de Dieu parce –
que nous ne le voyons pas directement, nous ne l’aimons pas de tout notre cœur,
nous ne pensons pas souvent à Lui. Mais les âmes du purgatoire ont entrevu Dieu
au jour du Jugement, et « un grand spectacle, selon l’expression de St
Ambroise, s’est offert à leurs regards. » Dieu s’est découvert à elles
avec toutes ses perfections adorables. Il a imprimé si vivement son image dans
leur esprit, il les a tellement investies de l’éclat de Sa Majesté Infinie,
qu’elles pensent continuellement à Lui et L’aiment d’un amour pur et sans
mélange. Cet amour insatiable, cette privation, cette faim, cette soif de Dieu
les accablent et les torturent. Elles sont sans cesse mourantes sans mourir,
expirantes sans expirer, et l’Eglise appelle avec raison cet état, une mort : «
Seigneur, dit-elle, délivrez-les de la mort ».
Pour vous faire une idée de
ce supplice, supposez un homme qui se meurt faute d’air. Voyez quelle
oppression, quels efforts il fait pour respirer ! Comme sa poitrine se soulève,
se gonfle ! C’est une lutte affreuse entre la vie et la mort. Mais qu’est-ce
qu’un peu d’air en comparaison de Dieu ? Qu’est – ce – que mourir à tout
moment, privé de Dieu, qui est la respiration de l’âme ? Quelle faim vivante,
quelle douloureuse agonie !
Oh, Seigneur, délivrez les de
cette mort perpétuelle, montrez leur votre face adorable. O Père qui êtes aux Cieux, attirez près de vous vos enfants exilés !
2. Privation du Ciel
L’âme dans le purgatoire, est
exilée non de sa patrie de la terre, mais de sa patrie véritable, le Ciel. Elle
a entrevu de loin les splendeurs de cette patrie bienheureuse, quand au sortir
de cette vallée de larmes, elle parut devant Jésus – Christ qui fait la joie et
le bonheur des élus. Elle l’a pressentie, lorsque condamnée au purgatoire, elle
s’est rappelée cette invitation, adressée aux âmes justes : « venez, les bénis
de mon Père, possédez le Royaume qui vous a été préparé dès le commencement du
monde. » Elle en a aperçu, elle en a entrevu toutes les magnificences. Or ne
pouvoir se lancer vers cette patrie tant désirée, attendre un jour, des années,
des siècles avant de se plonger au torrent de ses voluptés, mon Dieu, quel exil
! Quelle cruelle attente !
Aussi qu’elles sont
attendrissantes les souffrances de cette âme infortunée, « pauvre exilée, quand
donc verrai-je ma patrie, ma famille qui est aux cieux ? Pauvre orpheline,
quand serai-je réunie à mes parents, à mes frères, à mes sœurs qui sont dans la
gloire et me tendent les mains ? Quand me sera – t – il donné de m’unir à
Jésus, mon céleste époux ? O portes éternelles, ouvrez – vous, ouvrez – vous !
»
Mais hélas ! Une voix
mystérieuse lui répondit : « pas encore, plus tard ! »
Ames, vous pouvez les ouvrir,
ces portes. Ne savez vous pas que la prière, les aumônes, sont les clés d’or
qui ouvrent le Ciel ?
Priez et donnez beaucoup, et
ces âmes exilées du purgatoire monteront dans la patrie bienheureuse, pour y
chanter éternellement les miséricordes du Seigneur.
Exemple
Quand les enfants d’Israël, emmenés
captifs loin de la patrie, ne voyaient plus que les rivages de l’Euphrate, ils
s’asseyaient, tristes, sur cette terre étrangère, et ils pleuraient au souvenir
de Jérusalem absente : il n’y avait ni paroles de joie, ni cantiques
d’allégresse, leurs harpes, suspendues aux saules du rivage, étaient
silencieuses.
"Enfants d’Israël, pourquoi
pleurez-vous ?" leur demandaient les Babyloniens.
"C’est que nous nous souvenons de
Sion, notre patrie ! Nous nous souvenons et nous regrettons !"
"Mais, fils exilés de Sion, si vous
chantiez pour calme votre douleur et distraire votre tristesse !... Chantez
quelques uns des cantiques de la patrie ! Chantez le chant national ! Chantez
!"
"L’exilé peut-il chanter les hymnes
de la patrie sur les rives étrangères ? Loin d’elle on se souvient, on
regrette, on soupire, on pleure, et on attend dans les larmes, la consolation
du retour. O Jérusalem ! Que notre langue s’attache à notre palais, si nous
devions t’oublier un jour !"
Les âmes de nos frères sont retenues par
L’homme, à moins d’être malade, à
l’instinct naturel de manger. S’il venait à ne plus manger tout en étant
préservé de la maladie et de la mort, sentirait sa faim grandir
continuellement, puisque son instinct ne diminuerait jamais.
Supposons qu’il existerait au monde un
seul pain capable d’enlever la faim à toute créature, l’homme resterait dans un
tourment intolérable de ne pouvoir le posséder, sa faim ne passant pas.
Supposons aussi que la seule vue de ce pain suffirait pour être rassasié, son
instinct le pousserait au seul désir de le voir afin d’être contenté. Mais il
apprendrait avec certitude, que jamais il ne serait donné de voir ce pain, à ce
moment là alors, ce serait pour lui l’enfer. Il serait dans l’état des âmes
damnées qui sont privées de toute espérance de voir Dieu, Pain Véritable, leur
vrai Sauveur.
Mais les âmes du purgatoire ont
l’espérance de contempler le pain et de s’en rassasier pleinement. Par suite,
elles souffrent la faim et restent dans leur tourment aussi longtemps qu’elles
ne peuvent se rassasier de ce pain, Jésus-Christ, vrai Dieu Sauveur, notre
Amour.
PRIONS – Dieu miséricordieux, Dieu si
Saint, Dieu si juste, laissez-vous fléchir par l’amour de ces saintes âmes. Ne
vous dérobez pas plus longtemps à l’ardeur de leurs désirs, ne les repoussez
plus : ouvrez leur votre sein et laissez-les se perdre et s’abîmer en vous. O
Jésus ! Appelez vos enfants et nos frères au bonheur éternel et que la lumière
qui ne s’éteint plus, luise sur eux ! Qu’ils reposent en paix !
SEPTIEME JOUR
LE PEINE DU REMORDS
retenues dans le lieu d’expiation. Elles éprouvent
encore la tristesse, la désolation, les regrets amers, les reproches cuisants
de la conscience coupable, mille fois plus insupportables pour elles que les
plus fortes doleurs du feu matériel qui les fait
souffrir sans les consumer. "En enfer, dit l’Evangile, le ver qui ronge
les réprouvés ne meurt jamais". Dans cette cité du purgatoire, il
mourra certainement un jour ; mais tant qu’il est vivant, il mord cruellement
et déchire d’une manière affreuse les victimes infortunées dont il est devenu
le bourreau. Ah ! Elle est terrible la lutte d’une âme aux prises avec le
remords ! Du fond de son lieu de souffrance, cette âme captive jette un regard
douloureux sur toute son existence d’ici-bas, et à la lueur des flammes qui
l’enveloppent, elle voit distinctement tout le mal qu’elle a commis et qu’elle
pouvait facilement éviter avec la grâce de Dieu et dont elle ne s’est jamais
confessée. Elle découvre des milliers de fautes inaperçues jusqu’alors, ou
qu’elle jugeait sans gravité du fait du manque de confession et d’examen de
conscience. Forcée de se reconnaître coupable, tandis qu’il n’aurait tenu qu’à
elle de faire l’effort d’aimer plus et d’être juste en tout, cette pauvre me
s’afflige profondément et s’écrie dans le délire de sa douleur : "mon
Dieu, vous êtes juste, et vos jugements sont équitables. Je suis seul l’auteur
de ma souffrance. Ah, si je pouvais recommencer ma vie sur terre, comme je vous
servirais, Seigneur, et avec quel soin je me préserverais du purgatoire".
Regrets vains et stériles. Hélas ! C’est trop tard !
Instruisons-nous,
âmes de foi, fuyons le péché, faisons pénitence ici-bas, afin d’éviter cet
aiguillon douloureux, ce ver rongeur du purgatoire. Mon Dieu ! Frappez, brûlez,
broyez en ce monde, pourvu que vous nous épargnez dans
l’autre
Ce qui augmente
encore la peine de cette âme exilée, c’est la vue de tout le bien qu’elle
pouvait pratiquer et qu’elle a souvent omis ; de tous les bienfaits qu’elle a
reçus de la bonté de Dieu et dont elle n’a pas toujours fait un saint usage. En
effet, que pouvait de plus le Seigneur pour lui faire porter des fruits de
salut ? Il l’avait nourrie de ses sacrements, fortifiée par sa grâce,
encouragée par l’exemple des bons. Aidée de tant de secours, elle devait
parcourir à pas de géant la carrière de la sainteté et arriver, comme tant
d’autres, à la plus haute perfection. Mais, malgré tout, elle s’est arrêtée souvent
dans la voie, souvent elle a marché avec lenteur. Ah ! Si elle avait été
généreuse pour s’infliger quelques pénitences, quelques mortifications ; si
même elle avait accepté avec résignation les peines inévitables de la vie, elle
aurait fait son purgatoire sur la terre, et éventuellement elle jouirait de la
vision béatifique. Et maintenant, elle endure par sa faute, et sans mérite, des
peines incomparablement plus grandes. Au lieu d’une couronne de gloire qu’elle
pourrait avoir dans le Ciel, elle est torturée par une couronne de flammes en
purgatoire. Oh ! que ce souvenir est affligeant.
Ames, n’avons-nous pas, nous aussi fait
peu de bien ? Avons-nous prié pour le soulagement de nos parents défunts ?
Prenons la résolution de faire mieux à l’avenir, avec l’aide de Dieu et le
secours de Marie.
Exemple
Gerson, chancelier de l’Université de Paris, aussi distingué par
ses vertus que par son
éloquence,
rapporte dans un de ses ouvrages, qu’une pauvre mère, oubliée depuis longtemps
par son enfant, re4ut de Dieu la permission de lui apparaître pour lui dire de
ses peines et solliciter des prières. "Mon fils, s’écria-t-elle, mon
cher fils ! Pense un peu à ta pauvre mère qui souffre tant. Considère les
affreux supplices au milieu desquels
Fidèle à ces avertissements, l’enfant pria beaucoup pour sa mère
et mourut lui-même en sainteté.
PRIONS :
Faites-moi la grâce, ô mon Dieu ! De devenir saint et parfait, comme vous le
désirez. Les âmes du purgatoire, pour s’être un peu négligées, en sont
sévèrement punies par les regrets qui les déchirent sans relâche. Apaisez leurs
remords, Seigneur, en leur pardonnant leurs fautes. Car, il est trop aigu le
glaive qui les transperce. O, Jésus ! Soyez-leur propice ! Appelez vos enfants
et nos frères au sein de la gloire ! Qu’ils reposent en paix !
Huitième jour – Durée des peines du
purgatoire
1. Quelle est cette durée ?
L’Eglise n’a rien défini sur
la durée des peines du purgatoire, mais elle nous montre assez ce qu’elle en
pense, en célébrant des messes anniversaires, des trentains pour le repos de
l’âme des défunts. Elle croit donc que l’expiation peut donc être longue et
peut même se prolonger pendant des siècles. C’est aussi le sentiment des saints
Pères. Le cardinal Bellarmin disait que pour certaines âmes, la durée des
peines du purgatoire, d’après des révélations très dignes de foi, pourrait se
prolonger jusqu’au Jour du Jugement Dernier, si l’Eglise ne venait pas à leur
secours. Hélas ! Il y en a qui y gémissent depuis de longues années. Qui nous
dira la mesure de temps et de peine qu’il faut pour expier nos péchés ? Pour
enlever la rouille que laissent à l’âme les suites de nos péchés et lui rendre
l’éclat de la beauté des Anges ! O insondable mystère des jugements de Dieu…
Combien la durée n’ajoute – t –elle pas à la rigueur des peines ! Souffrir
horriblement et longtemps… Attendre… Attendre indéfiniment… Quelle douleur,
quel martyre pour ces âmes ! Ajoutez que l’intensité des maux qu’elles endurent
leur fait paraître les moments comme des mois, et les mois comme des siècles.
Seigneur, abrégez ces souffrances, mettez
un terme à l’intensité, à la durée des douleurs de nos amies, de nos sœurs, de
celles surtout qui doivent rester le plus longtemps dans ce lieu d’expiation.
2. Quelles en sont les causes ?
Ne nous étonnons pas de la
terrible durée des supplices du purgatoire. Une des plus saintes religieuses de
- la véritable pureté que
l’âme doit avoir avant de posséder Dieu
- la multitude de nos péchés
véniels
- le peu de regret que nous
avons et le peu de pénitence que nous faisons pour nos péchés confessés
- l’impuissance absolue où
sont les âmes des défunts de se soulager elles – mêmes
- l’oubli, l’étrange oubli
des morts, notre coupable négligence à les soulager.
Ces réflexions sont sérieuses
et malheureusement trop fondées.
Donc à l’avenir, ne soyons
pas pressés de canoniser nos chers défunts. Nous avons tant besoin de les
croire dans le lieu de la paix et de la béatitude, que nous nous hâtons de nous
dire que certainement ils y sont parvenus. Alors, nous cessons de prier pour eux.
Voyez les saints, comme ils pensaient et agissaient autrement. Toute leur vie,
ils priaient pour ceux que le trépas leur avait ravis. Faisons de même.
Nous ne saurions tenir un doigt dans le
feu pendant une minute, sans pousser des cris de détresse. Pourquoi
souffririons – nous que des âmes que nous avons tant aimées, soient
plongées dans le feu dévorant du purgatoire, des années entières, par notre
négligence ? Ce serait trop cruel ! Ames aimées, non, jamais nous ne vous
oublierons ! Jésus, Marie, Joseph, aidez nous à prier !
3. Exemples
Un homme enfermé depuis des
années dans une prison, las de souffrir, s’adressa à une femme puissante. Elle
avait assez de crédit et la main assez forte pour briser les fers du prisonnier
et mettre fin à ses souffrances. Voici en quels termes, le malheureux lui
adressait sa supplique :
« Madame, le 25 de ce mois de
mars 1760, il y aura cent mille heures que je souffre, et il me restera deux
cents mille heures à souffrir encore. O Madame, soyez touchée d’un si long et si
douloureux martyre ! »
Le cœur de cette femme se
trouva – t – il assez dur pour résister à cette éloquence ? Je l’ignore ; mais
il me semble qu’on ne peut mettre davantage en si peu de mots : il y a cent
mille heures que je souffre, et il m’en reste deux cents mille à souffrir. Il
les avait donc comptées !...
Dans un monastère, deux Pères étaient d’un
très grand zèle pour leur sanctification et pour le soulagement des âmes du
purgatoire. Ils s’étaient promis qu’après la mort du premier d’entre eux, l’autre
dirait la messe du lendemain pour le défunt… L’un des deux Pères mourut. Son
confrère ne manqua pas de dire la messe promise, dès le matin suivant. Sa messe
terminée, pendant son action de grâce, le Père vit soudain apparaître son ami
défunt, rayonnant de bonheur et de gloire… Puis l’âme glorieuse prit un visage
sévère pour dire à son ami : « Mon frère, où donc est votre promesse ? Vous
mériteriez que Dieu n’ait pas beaucoup de pitié de vous ! Ne m’avez – vous pas
laissé en purgatoire plus d’une année, sans dire la messe promise ? » - «
Vous me surprenez ! s’écria le moine, votre corps n’est pas encore enseveli !
Vous avez quitté notre monde il y a quelques heures et je viens juste de
terminer
C’est ainsi que les âmes bénies du
purgatoire calculent la durée de leurs souffrances. Mais ce n’est ni par heure
ni par jour qu’elles comptent, c’est par années, par siècles peut – être. Et
ces années, et ces siècles leur paraissent éternels. Mon Seigneur, pardon et
miséricorde ! Par les mérites de Vos Saintes Plaies, délivrez les âmes de nos
défunts !
Prions – Saisi d’effroi à la pensée de
redoutables tourments, longs et intenses, endurées par les âmes du purgatoire,
je tombe à vos Pieds, ô mon Dieu. Et plein de compassion pour ces prisonnières
infortunées, je viens vous supplier, au nom de Jésus – Christ, de jeter sur
elles un regard de miséricorde et de mettre un terme à leur martyre ! O Marie !
Douce consolatrice des affligés, soyez leur propice ! Délivrez vos enfants de
la captivité ! Qu’ils reposent en paix près de vous, dans le Ciel !
Neuvième jour – Impuissance des âmes du
purgatoire
1. Impuissance de leurs souffrances
Considérez qu’à la mort cesse
tout mérite, parce – que l’âme n’a plus son libre choix entre le bien et le
mal. Le purgatoire est cette nuit dont parle Jésus – Christ, durant laquelle
nul ne peut agir ; ceux qui y gémissent sont comme ce fermier de l’Evangile
auquel le père de famille ne permet plus de cultiver son champ. Voilà pourquoi
nos chers défunts ne peuvent rien pour adoucir leurs souffrances. Leur
résignation parfaite, leur amour pour Dieu, la grandeur de leurs tourments,
n’en abrègeront pas d’un instant la durée. La plus petite des souffrances du
purgatoire leur aurait acquis sur la terre un poids immense de gloire céleste ;
dans ce lieu d’expiation, ces souffrances sont stériles pour eux, stériles pour
le Ciel ; elles sont simplement l’acquis d’une dette.
Hélas, souffrir pendant des
siècles, peut-être sans profit pour elles – même ! Combien cette pensée est
désolante pour ces âmes et combien n’ajoute – t – elle pas à leurs tourments !
Aussi est – ce de nous qu’elles attendent secours et soulagement. Oui, nous
sommes la ressource des morts, nous sommes leur providence libératrice. Le Ciel
les console, nous, nous les soulageons ; le Ciel les encourage, nous, nous les
délivrons : les saints leur ouvrent leurs bras pour les y recevoir, nous, nous
les introduisons dans le séjour du bonheur. Telle est notre puissance, tel est
notre devoir. Y pensons – nous ?
2. Impuissance de leurs prières
Les âmes du purgatoire sont
aussi impuissantes à se soulager par leurs prières que par leurs souffrances.
C’est en vain que du fond de leurs brûlants abîmes, elles font monter vers Dieu
le cri de leur douleur, c’est en vain qu’elles essaient de fléchir sa Justice
et qu’elles lui disent avec David : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez –
vous abandonnée ? Je crie vers vous pendant le jour, et vous ne m’exaucez pas.
La nuit, je gémis et personne ne me répond. Souvenez – vous, Seigneur, de Votre
Miséricorde. Rompez les liens qui me retiennent loin de Vous, délivrez – moi
des tourments que j’endure. Miséricorde, Seigneur, Miséricorde ! »
Au Purgatoire, le temps de
Mais si les prières n’ont aucun crédit
pour eux, les nôtres sont toutes puissantes sur le cœur de Dieu. A mesure
qu’elles montent vers le Ciel, la miséricorde descend dans le purgatoire en
torrents de grâces, de pardon, de liberté et de gloire. C’est par la prière que
Marthe et Marie obtinrent la résurrection de Lazare. C’est par elle aussi que
nous obtiendrons la délivrance de nos parents défunts. Oh ! Prions de tout
cœur, prions sans cesse pour eux. Disons souvent : « Bon et Miséricordieux
Jésus, donnez leur le repos éternel. O Marie, Mère et consolatrice des
affligés, hâtez vous de les secourir ! Saints et saintes du Paradis, intercédez
pour eux ! »
3. Exemple
Le Sauveur traversant
Tel est le triste sort des
saintes âmes du purgatoire ; elles restent presque immobiles dans les flammes,
incapables par elles – même de se secourir, incapables de se jeter dans la
piscine salutaire du Sang Précieux de Jésus qui a sauvé le monde. Elles
attendent qu’un ami secourable les y plonge. Soyez cet ami charitable, l’ange
libérateur des pauvres paralytiques du purgatoire !
Prions – Mon Dieu, je vous recommande ces
pauvres âmes qu’une nuit terrible enveloppe aujourd’hui dans ses ombres. Hélas
! Elles ne peuvent plus rien. Permettez moi d’être leur médiateur et de
m’interposer entre votre Justice et elles. Je vous en supplie, abrégez leur
douloureux exil ! O Jésus, soyez leur propice ! Appelez vers Vous vos enfants
et nos frères ! Qu’ils reposent en paix.
Dixième jour – Les deux chemins qui
conduisent en purgatoire
1. Le chemin des fautes mortelles
De par sa nature, le péché
mortel conduit plus loin que le purgatoire : il précipite dans l’abîme de
l’enfer. Les âmes, obscurcies par le mal qui a fini par les pénétrer,
s’engouffrent vers les ténèbres. Elles ne supportent pas la lumière de Dieu qui
leur apparaît au moment de la mort. Mais si le pécheur se repend et se
confesse, le pardon du Seigneur descend sur lui par la grâce sacramentelle.
Qu’arrive – t – il alors ? Les fautes sont pardonnées, l’amitié de Dieu est
rendue. Il reste la peine faite au Bon Dieu qu’il faut expier : ou en ce monde
par la pénitence, la prière, les messes… ou dans l’autre, par les souffrances
du purgatoire. Après de longues années d’égarement, quel effroyable, quel long
purgatoire l’attend ! Quelle énorme dette il devra solder à
Il est vrai aussi que les
mortifications et les indulgences peuvent nous préserver ou nous délivrer du
purgatoire. Mais il y a si peu de chrétiens qui se mortifient et qui jeûnent.
Ceux qui sont les plus coupables sont précisément ceux qui font le moins de
pénitences… Enfin, combien n’ont pas la contrition
suffisante pour gagner des indulgences ! Qu’il y en a peu qui évitent cet
effroyable abîme ! Tant de péchés et si peu d’expiation !
Si notre vie passée a été
ternie par des fautes graves, cette considération doit nous faire réfléchir et
nous arracher des désirs de pénitence. Elle doit aussi nous inciter à prier
pour les âmes les plus coupables de ce lieu d’expiation. O mon Dieu ! Pénétrez
mon esprit d’une crainte salutaire, à la pensée de vos redoutables jugements.
2. Le chemin des fautes vénielles
Est-ce que vous faites
pénitence ? Chrétiens, que vous soyez innocents ou que vous ayez conservés la
pureté de votre baptême, comme saint Louis, combien n’avez-vous pas à vous
reprocher de fautes vénielles qui vous constituent débiteurs envers Dieu ? En
vérité, ces fautes sont innombrables. Votre vie n’est peut – être qu’un tissu
de péchés véniels. Ainsi que de pensées inutiles, de paroles oiseuses ! Que de
jugements téméraires, de distractions, de médisances ! Que de vanités, de temps
perdu inutilement ! N’offensez vous pas Dieu très souvent, tous les jours, sous
le futile prétexte que vos fautes ne sont que légères ? Ne vous rendez vous pas
souvent coupables de certaines fautes vénielles qu’on pourrait appeler graves
parce – qu’elles avoisinent le péché mortel ? Faites – vous pénitence ? Or si
votre vie est pleine de dettes et vide de satisfactions, il est bien évident
que vous êtes dans la seconde voie qui conduit directement en purgatoire.
Alors, que de jours, que de mois, que d’années, vous aurez à gémir dans ce
terrible lieu d’expiation. Que votre purgatoire sera long et rigoureux !
Réfléchissez sérieusement et dîtes – vous : « Je veux enfin régler mes comptes
avec Dieu, je veux profiter du temps que me laisse sa Miséricorde pour
satisfaire à sa Justice ; je veux acquitter les dettes qu’il est si facile de
solder avec un peu de générosité et d’amour. Ames du purgatoire, venez à mon
aide. Demandez – moi l’esprit de pénitence, je demanderai pour vous soulagement
et consolation. »
3. Exemple
En 1848, vivait à Londres une
veuve de 29 ans, qui était fort riche et passablement mondaine. Parmi les
habitués qui fréquentaient sa demeure, on remarquait un jeune lord d’une
conduite peu édifiante. Un soir, près de minuit, cette dame lisait un roman
pour appeler le sommeil. A peine venait – elle d’éteindre la lumière,
qu’apparut une lumière étrange, venant du côté de la porte et se répandant dans
la chambre en augmentant d’intensité. Etonnée, inquiète, elle vit la porte
s’ouvrir lentement, laissant apparaître le jeune lord, complice de ses
désordres. Avant qu’elle n’ait pu proférer une parole, il était à ses côtés ;
il la saisissait au poignet lui disant : « Il y
a un enfer où l’on brûle, sache – le… »
La douleur que la malheureuse
ressentit au poignet était si aigue qu’elle s’évanouit. Revenue à elle une demi
– heure après, elle appela sa femme de chambre. Celle – ci, en entrant dans la
pièce, sentit une forte odeur d’objets brûlés… Elle constata que sa maîtresse
avait au poignet une brûlure qui laissait apparaître l’os ; et cette plaie
montrait l’empreinte d’une main d’homme. Elle remarqua encore que de la porte
au lit, et du lit à la porte, le tapis portait les marques de pas d’homme et
que, à l’endroit des pas, le tissu du tapis était calciné de part en part !
Le jour suivant, la dame
apprit que le jeune lord était mort, cette nuit – là même…
Prions – Que de fautes, ô mon Dieu, je me
permets à moi – même sans regrets, comme si c’était autant de bagatelles ! Ah,
si je pensais aux comptes que j’en rendrai un jour à Votre Justice, combien je
serais plus vigilant. Daignez soutenir ma faiblesse et ranimer mon courage
languissant. Daignez aussi faire miséricorde à mes frères de l’Eglise triomphante.
Qu’ils reposent en paix !
Onzième jour – Sainteté des âmes du
purgatoire
1. Elles aiment Dieu
« Toute âme, disait Ste
Catherine de Gênes, dès qu’elle est en purgatoire, se trouve élevée à un état
de perfection et d’union divine qui pourrait servir de modèle aux plus grands
saints d’ici – bas. » Il y a là, en effet, une multitude d’âmes prédestinées
qui ont triomphé de leurs passions, qui ont vaincu le monde et le démon, qui
ont pratiqué les vertus les plus héroïques et sont sorties de ce lieu d’exil
chargées de mérites. Elles brilleraient comme des étoiles aux firmaments, si la
robe de leur innocence n’avait été ternie par quelques grains de la poussière
de la terre. Oui, ce sont des âmes belles, saintes, mortes à toutes
imperfections. La moins précieuse vaut mieux que tout l’univers physique. Elles
aiment leur Dieu, souverainement, totalement. Cet amour leur fait aimer leurs
souffrances et la justice qui les retient dans le lieu de l’expiation. Leur
ouvrirait – on les portes du Ciel, qu’elles préféreraient rester dans les
flammes purificatrices plutôt que de rentrer dans la gloire avec de légères
imperfections. Elles ne peuvent assez remercier leur Bien – Aimé de leur avoir
préparé un lieu d’expiation pour leur permettre d’acquérir cet éclat de beauté
qui convient à ses épouses. Et mieux que Job, au milieu de leurs douleurs,
elles redisent sans cesse : « Que le Saint Nom de Dieu soit béni ! »
Soyez donc compatissant pour ces saintes
âmes, puisqu’elles ont, plus que jamais, besoin de notre assistance. Un jour,
les rôles changeront, elles deviendront nos protections dans le Ciel, nos
médiatrices auprès de Dieu, et alors, elles nous rendront avec bonheur, ce que
nous aurons fait pour elles, au jour de leur affliction.
2. Elles sont aimées de Dieu
« Si Dieu, dit un auteur,
nous aime, nous, pauvres pécheurs, si imparfaits, si dépourvus de vertus et de
mérites, combien plus il aime ces saintes âmes du purgatoire, elles qui sont à
lui pour toujours, et en qui Il voit resplendir la beauté de ses élus. » Elles
lui sont infiniment plus chères. Ce sont Ses épouses, Ses enfants chéris, les
héritières de Sa gloire, appelées à le bénir éternellement dans le Ciel. Toutes
sont des pierres vivantes destinées à l’édifice de la divine Jérusalem, et que
le ciseau du divin sculpteur achève de tailler et de polir, avant de les faire
entrer dans la place qu’Il leur a destinée de toute éternité. Il les aime
tendrement, Il les contemple avec amour, Il désire vivement s’unir à elles. Son
Cœur Paternel souffre de leur triste exil, mais Sa justice qui a ses droits
aussi bien que Sa bonté, les retient dans la prison jusqu’à ce qu’elles aient
payé toutes leurs dettes. Aussi, quelle joie pour ce Père bon et tendre, si un
ami, un médiateur, s’interposant entre le châtiment et la faute, vient désarmer
sa rigueur et la réconcilier avec l’enfant de son amour ! Que de raisons
d’aimer ces âmes bénies, et d’exercer largement la miséricorde envers elles !
Elles sont si dignes de notre affection ! Quand nous faisons l’aumône à un
pauvre, nous ne savons pas s’il le mérite, s’il n’en sera pas plus coupable,
plus ingrat. Mais ici, nous travaillons à coup sûr. La terre où nous
semons est invariablement fidèle : pour chaque grain qu’on y jette, le Ciel
récolte un fruit, et nous une bénédiction.
3. Exemple
Ste Gertrude, dans un
ravissement, vit l’âme d’une religieuse qui avait passé sa vie dans l’exercice
des plus grandes vertus. Elle se tenait en présence de Notre – Seigneur,
revêtue des insignes de la charité, mais n’osant porter ses regards sur la face
adorable du Sauveur. Elle demeurait les yeux baissés, dans l’attitude d’un
criminel, témoignant par ses gestes, l’envie de s’éloigner du divin Maître.
Gertrude, étonnée d’une conduite aussi étrange voulut en connaître la raison :
« Dieu de bonté, dit –elle, pourquoi ne recevez – vous pas cette âme auprès de
vous ? » A ces mots, Notre – Seigneur étendit les bras avec amour, comme pour
attirer cette âme vers Lui ; mais celle – ci s’en alla dans une respectueuse
humilité.
Ainsi ces saintes âmes endurent leurs
souffrances de très bon cœur, dans une résignation parfaite. Elles sont
tellement transformées en Dieu, qu’elles ne voudraient pas, quand elles le
pourraient, se soustraire à la moindre partie de leurs tourments. Elles les
acceptent avec une joie qui grandit toujours à mesure qu’elles se rapprochent
du terme de leur expiation. Qu’elles sont dignes de notre amour, de nos
sympathies, de toute notre charité !
Prions – Ô Dieu, qui pardonnez aux
pécheurs et qui voulez le salut de tous les hommes, jetez un regard de bonté
sur les âmes du purgatoire. Elles sont vos épouses, vos enfants de prédilection
; elles vous ont aimé tendrement et servi courageusement. Montrez – leur votre
divine Face. Ô Jésus, soyez – leur propice ! Seigneur, appelez vos enfants et
nos sœurs au séjour éternel, et que la lumière qui ne s’éteint pas, luise sur
eux ! Qu’ils reposent en paix !
Douzième jour – Etat des âmes du
purgatoire vis-à-vis de nous
1. Elles nous sont unies par les liens de
la charité
Souvenez – vous que nous
somme unies à ces saintes âmes par les anneaux d’une chaîne spirituelle et
toute divine. Comme nous, elles ont été créées à l’image de Dieu, rachetées par
le sang de Jésus – Christ, régénérées par les eaux du baptême, et nous pouvons
dire en vérité que le même sein, celui de l’Eglise, nous a portés : que nous
sommes enfants de la même mère. Comme nous aussi, et peut – être à côté de
nous, elles ont pris place à la table des Anges et elles ont reçu ce gage sacré
de la vie éternelle. Elles ont emporté dans le monde futur les mêmes espérances
qui adoucissent maintenant les amertumes de notre pèlerinage. Membres du même
corps, héritières du même royaume, elles seront un jour nos compagnes
d’éternité. Mais entre elles et nous, il y a cette différence, qu’elles sont
malheureuses, captives, prisonnières, martyres, impuissantes à se secourir
elles – même, et qu’elles attendent de nous aide et consolation. Nous leur
devons assistance. Ne sont – ce pas les droits incontestables à notre
compassion et à notre amour ? Si les enfants d’une même famille s’aiment
tendrement entre eux, si les peines de l’un deviennent les peines de tous, ne
doit – il pas en être de même des enfants de l’Eglise ? Où serait notre
charité, si nous n’aimions pas ces pauvres âmes, abîmées dans la douleur ?
Serait – il possible qu’étant homme, et surtout chrétien, nous fussions
insensibles à leurs maux ? Aimons – les comme nous – même, aimons – les comme
Jésus – Christ nous a aimés. Alors nous les soulagerons, nous les
délivrerons.
« Mes petits enfants, écrivait l’apôtre St
Jean, peu de temps avant de mourir, n’aimons pas seulement en paroles, mais
véritablement en le prouvant par des actes. »
2. Elles nous sont unies par les liens de
la fraternité
Parmi ces voix qui appellent,
ne retrouvez – vous pas la voix d’un frère, d’une sœur, d’un enfant chéri, d’un
époux, d’une épouse bien – aimée, que l’amour avait unis et que la mort a
séparés, la voix d’un père, d’une mère dont le sang coule dans nos veines ? Ce cri
du sans, cette voix de la famille, que vous dit – elle ?
« Viens, viens à mon secours
: il y a si longtemps que je t’appelle, je n’ai que toi et tu ne viens pas.
Viens donc avec ton cœur, avec ta prière, avec tes bonnes œuvres, avec ton
dévouement ; viens m’arracher à ces brûlants abîmes, viens me donner le Ciel,
Dieu, l’Eternité, viens ! »
Comment résister à ce cri de
détresse ? Savons – nous si nous n’avons pas contribué à augmenter le
purgatoire de ceux qui nous ont tant aimés ?
3. Exemple
En 1864, un artiste juif,
converti pendant un sermon sur l’Eucharistie, avait quitté le monde après avoir
reçu le baptême et s’était retiré dans un ordre religieux très austère ; il
passait chaque jour plusieurs heures à adorer le Saint – Sacrement, et dans ses
effusions de ferveur, il demandait à Jésus – Christ surtout la conversion de sa
mère qu’il entourait de la plus filiale tendresse. Il ne l’obtint point
cependant, sa mère mourut. Pénétré d’une amère douleur, ce bon fils va se
prosterner devant le Tabernacle, et donnant libre cours à ses plaintes : «
Seigneur, disait – il, je vous dois tout il est vrai, mais que vous ai – je
refusé ? Ma jeunesse, mes espérances dans le monde, le bien – être, les joies
de la famille, un repos peut – être légitime, j’ai tout sacrifié dès que vous
m’avez appelé. Mon sang, je l’eusse donné de même. Et Vous, Seigneur, Vous
l’Eternelle Bonté, qui avez promis de rendre au centuple, vous m’avez refusé
l’âme de ma mère ! Mon Dieu, je succombe à ce martyre, le murmure va s’exhaler
de mes lèvres. » Les sanglots étouffaient ce pauvre cœur. Tout à coup une voix
mystérieuse frappe ses oreilles et dit : « Homme de peu de foi, ta mère est
sauvée. Sache que la prière a tout pouvoir auprès de Moi, j’ai recueilli toutes
celles que tu m’as adressées pour ta mère, et ma Providence lui en a tenu
compte, à son heure dernière. Au moment où elle expirait, je me suis présenté à
elle, et à ma vue elle s’est écriée : Mon Seigneur et mon Dieu ! Relève donc
ton courage : ta mère a évité la damnation et tes supplications ferventes
délivreront bientôt son âme de la prison du purgatoire. »
Le père Hermann apprit
bientôt, par une seconde apparition, que sa mère montait au ciel. Prions
beaucoup pour nos parents défunts !
Prions – Miséricorde, Seigneur, pour les
âmes auxquelles vous m’avez uni par des liens si doux, si étroits, et que vous
me faisiez un devoir d’aimer. Oui, Miséricorde pour les âmes de mes parents, de
mes bienfaiteurs, de mes amis. Seigneur, laissez vous fléchir par les
prières et les larmes que je vous offre par elles. O Jésus ! O Marie ! Soyez
leur propice ! Appelez vos enfants et nos frères dans le lieu du
rafraîchissement, de la lumière et de la paix.
Treizième jour – Les âmes délaissées
1. Délaissées par leurs amis
Considérez qu’il y a au
purgatoire des âmes entièrement délaissées, auxquelles personne ne s’intéresse,
et qui souffrent sans consolations. L’Eglise, il est vrai, n’oublie aucun de
ses enfants et les âmes dont nous parlons ont droit comme les autres aux
prières que cette tendre Mère adresse tous les jours au Seigneur en faveur des
défunts ; mais à part ces prières communes, il ne leur vient de la terre aucun
secours particulier. Elles sont abandonnées de leurs amis qui leur avaient
promis et juré une affection impérissable. Mais comme cette affection était
purement humaine et souvent égoïste, elle s’est éteinte avec le dernier son de
la cloche.
Quel surcroît d’affliction ne cause pas à
ces pauvres prisonnières ce délaissement si inattendu ! Ecoutez ces justes
reproches qu’elles adressent à ceux qui ont si tôt oublié les devoirs de
l’amitié : « Ayez donc pitié de nous, vous du moins qui êtes nos amis. Nous
vous avons donné tant de gages de notre affection et de notre dévouement, à
vous qui nous aimiez si tendrement ! Vous aviez promis, à notre heure dernière,
en nous disant adieu, que vous ne nous oublieriez jamais ! Et vous ne pensez
plus à nous : pas une prière, pas une aumône, pas une larme, pas un soupir.
Parce – que nous sommes loin des yeux, vous nous avez bannies de votre cœur. »
O inconstance des affections humaines qui s’en vont, comme dit Bossuet, avec
les années et les intérêts !
Ces reproches ne s’adressent – ils pas à
vous ? Pensez –vous quelque fois aux amis de votre enfance, de votre jeunesse,
que la mort vous a ravis ? « Ces chers morts, nous les oublions beaucoup trop,
disait St François de Sales, et pourtant ils nous ont tant aimés pendant leur
vie ! » Craignons d’être délaissé à notre tour, car il est écrit que celui qui
oublie sera oublié.
2. Délaissées par leurs parents
Délaissées de leurs amis, ces
pauvres âmes dont nous parlons le sont aussi de leurs parents, soit qu’ils
n’existent plus en ce monde, soit qu’ils aient abjuré tout sentiment de charité
et de reconnaissance. Oui, leur père, mère, frères, sœurs, ou héritiers les ont
abandonnées. Où qu’elles portent leurs regards, elles ne rencontrent que
l’oubli, le délaissement. L’oubli sur toute vie qu’aucune parole ne rappelle
plus ; l’oubli sur leur nom que personne ne prononce ; l’oubli sur leur tombeau
qui ne reçoit ni visite ni prière ; l’oubli sur leurs souffrances d’outre –
tombe que personne ne cherche à soulager ; l’oubli partout et toujours. Pauvres
âmes ! Qui sait combien dureront leurs douleurs, leur séjour dans ce terrible
purgatoire où elles ne reçoivent aucun secours ? Comme ce cruel isolement doit
ajouter à leurs souffrances ! Elles ont le droit de s’écrier avec le Prophète :
« Mes proches se sont éloignés de moi et ma famille m’a jetée dans l’oubli ;
mon père et ma mère m’ont abandonnée, je suis devenue pour eux tous comme un
vase brisé qu’on laisse de côté et auquel personne ne pense plus. »
Comme Jésus, abandonné de tout le monde au
jardin de Gethsémani, elles peuvent dire : « J’ai cherché un consolateur et je
n’en ai point trouvé ! »
Priez souvent, allez à
3. Exemple
Dans une paroisse de
campagne, un crime affreux était venu consterner les
cœurs. Un jeune homme, endurci par ces passions qui rendent le cœur féroce
avait eu la cruauté de conspirer avec un infâme, l’assassinat de sa propre
mère. Ces deux bourreaux l’avaient jeté dans une mare d’eau boueuse. La pauvre
mère se débattait dans les flots et tendaient les bras vers ses assassins.
L’étranger, de sa main barbare, repoussait la malheureuse femme, qui essayait
de se ratt acher à la rive.
Mais le fils, tout scélérat qu’il était, quand il vit sa mère tendre vers lui
ces bras qui l’avaient porté, fut vaincu par la nature et sa férocité tomba. Il
lui tendit la main pour la retirer de l’abîme, mais son complice la repoussa et
la plongea dans la mort.
Le purgatoire est comme un lac invisible
où des amis, des proches, des parents nous tendent les bras pour que nous les
secourions. Peut – être avons-nous participé à les plonger dans cet effroyable
supplice. Et pendant que nous poursuivons follement nos plaisirs, ils souffrent
et nous appellent. Ne les délivrerons – nous pas ? Saintes âmes ! Nous serons
votre famille, vos amis, vos sauveurs. Et un jour, vous viendrez aussi à notre
aide.
Prions – O Jésus ! Abandonné de tout le
monde et même de vos apôtres, dans le jardin de Gethsémani, ayez pitié de
toutes les saintes âmes du purgatoire, en particulier de celles qui ne
reçoivent ni prières ni consolations de la part des vivants . Soyez leur
consolateur, leur libérateur. O Jésus, appelez enfin ces enfants délaissés au
sein de leur famille du Ciel. Qu’ils reposent en paix.
Quatorzième jour – Soulagement des âmes du
purgatoire
1. Nous pouvons les soulager
« Nous croyons, définit le
Concile de Trente, que les âmes détenues en purgatoire sont soulagées par les
suffrages des fidèles. » C’est ainsi que dans sa magnifique et divine unité,
l’Eglise comprend les chrétiens de tous les temps et de tous les états. La
charité qui les unit et rend commun leurs biens spirituels, ne s’étend pas
seulement aux vivants, elle passe au – delà du tombeau avec ceux qui sont morts
dans la paix du Seigneur. « La charité, disait St Paul, n’est pas comme la foi
et l’espérance, qui s’éteignent pour nous, à notre dernier soupir, elle survit
à la mort et ne périt jamais. » Ainsi les justes, après leur trépas, ne sont
pas séparés de l’Eglise, ni retranchés de la communion des saints, ils sont
toujours nos frères, nos amis, notre prochain. Comme les anges et les élus du
Ciel, nous pouvons aussi délivrer ces âmes de leur prison. Bien plus, les anges
et les saints ne le peuvent que par leurs prières, et nous le pouvons, nous,
par toutes sortes d’actes d’amour, de bonnes intentions, de prières et de
charité. « Dieu nous a donné une telle puissance sur le sort de ces âmes, dit
le père Faber, qu’il semble plus dépendre de la terre
que du Ciel. Telle est la consolante doctrine de l’Eglise ! Telle est la
touchante économie de
Quelle joie pour vous qui pleurez un père,
une mère, un époux, un enfant ! Consolez vous, vous pouvez encore leur donner
des preuves de votre amour, de votre dévouement ; vous pouvez être leur ange
libérateur. Hâtez vous donc, venez briser leurs chaînes, venez solder leurs
dettes, afin que ces chères âmes puissent s’envoler dans le sein de l’Eglise
Triomphante.
2. Nous pouvons les soulager
Non seulement nous pouvons,
mais encore nous devons venir au secours de ces âmes malheureuses. Nous le
devons à Dieu. Père bon et tendre, il les aime comme ses épouses et désire
vivement leur ouvrir la porte du Ciel, mais sa justice s’y oppose. Alors, Il se
tourne vers nous et nous supplie de les aider ; Il
nous en fournit les moyens et regarde comme fait à Lui – même ce que nous ferons
pour la plus coupable et la plus souffrante d’entre elles.
Nous le devons à ces pauvres exilées.
Quelques unes, ou un grand nombre peut – être, souffrent en purgatoire par
notre faute, par suite de notre négligence, de nos mauvais conseils, de nos scandales.
Et nous ne ferions rien pour les soulager ! Et nous oserions dire : je suis
innocent des larmes de sang répandues par ce juste !
Enfin nous le devons à nous – même.
N’oublions pas que nous aurons besoin un jour, peut-être bientôt, qu’on exerce
envers nous, la charité que nous pouvons maintenant exercer envers les autres.
« Tout ce que la piété nous
inspire de faire pour nos défunts, disait St Ambroise, se change en œuvres
méritoires pour nous et à la fin de notre vie, nous recevrons au centuple ce
que nous aurons donné. » Interrogez votre conscience. Avez – vous bien compris
et pratiqué jusqu’à ce jour, cet important devoir ? Pensez – vous souvent,
pensez – vous chaque jour aux âmes souffrantes du purgatoire ? Ayez donc à
l’avenir cette charité que Dieu commande et bénit ; cette charité qui ouvre le
Ciel à celui qui l’exerce et à celui qui en est l’objet ; cette charité qui est
le ‘passeport’ du chrétien pour l’autre monde.
3. Exemple
Catherine de Cortone était
issue d’une famille ducale. Petite enfant, sa piété et sa ferveur étaient
celles d’un ange. Elle n’avait pas encore atteint sa huitième année lorsqu’elle
perdit son père. Un jour, il lui apparut tout enveloppé des flammes du
purgatoire. « Ma fille, lui dit – il, je serai dans le feu jusqu’à ce que tu
aies fait pénitence pour moi. » Le cœur empli de compassion, Catherine s’éleva
avec un courage viril au-dessus de la faiblesse de son âge. Elle préluda dès ce
jour à ces austérités étonnantes qui ont fait d’elle un prodige de pénitence.
Ses larmes, ses prières, ses mortifications eurent bientôt désarmé
Et nous aussi, nous avons la mission et le
devoir de secourir les âmes que Jésus a rachetées ; ne l’oublions jamais.
Prions – Soyez béni, Ô mon Dieu, d’avoir
bien voulu me confier le soulagement de ces âmes que vous aimez et qui ont tant
de titres à ma compassion. Qu’il m’est doux de pouvoir essuyer leurs larmes et
leur ouvrir le Ciel ! Rappelez-moi souvent ce grand devoir de la charité et
aidez-moi à l’accomplir. O Jésus, soyez propice à nos chers défunts. Appelez
vos enfants et nos frères au Bonheur Eternel, et que la lumière qui ne s’éteint
plus luise sur eux ! Qu’ils reposent en paix.
Quinzième jour – L’oubli des morts
1. Il dénote une grande insensibilité
Un pauvre appelé Lazare,
couvert d’ulcères et de haillons, gisait à la porte d’un homme riche et opulent
; il demandait peu : les miettes seulement qui tombaient de la table du riche.
Mais celui – ci les refusait impitoyablement. Quelle insensibilité, quelle
dureté ! Faut –il s’étonner si ce mauvais riche, après sa mort, descendit en
enfer, pendant que Lazare montait dans le sein d’Abraham ?
Le souvenir de nos parents défunts est
sans cesse présent à notre esprit et à nos cœurs. La maison que nous habitons,
le nom que nous portons, les biens dont nous jouissons, tout nous rappelle leur
image. Pourtant ils ne crient pas, leur tombe est muette, mais l’Eglise, leur
mère commune, ne nous dit –elle pas sans cesse : « Ayez pitié de vos morts.
Laissez tomber de votre table quelques miettes pour apaiser leur faim, quelques
gouttes pour étancher leur soif. Méchant serviteur, ne dois –tu pas prendre
pitié de ton frère ? »
Quoi donc, il a vécu, il a travaillé pour
vous dans sa vie, et maintenant qu’il vous demande quelques miettes de l’héritage
qu’il vous a laissé, vous les lui refusez ?... Si comme le mauvais riche, nous
sommes insensibles aux cris de détresse de nos frères, Dieu sera insensible aux
nôtres. Comment pourrait – il nous accueillir en son sein ?
2. Il révèle une noire ingratitude
Un officier de Pharaon ayant
encouru la disgrâce du roi fut jeté en prison avec Joseph. Homme doux et
compatissant, Joseph se lia d’amitié avec son compagnon d’infortune, adoucit
son chagrin, interpréta ses songes et lui donna l’assurance d’un prompt
rétablissement. Pour toute récompense de ses services, il lui demanda seulement
de se souvenir de lui auprès du roi. Hélas ! Cet ingrat, enivré des douceurs de
ses nouvelles prospérités, oublia entièrement son bienfaiteur, et l’infortuné
Joseph languit encore deux années dans les fers.
Ce cruel oubli n’est – il pas révoltant ?
Et comment pouvez – vous oublier vous – même tant de parents, tant de
bienfaiteurs dont vous avez reçu la vie, dont vous possédez les biens, à qui
vous devez votre fortune, votre réussite ? Naguère, quand ils vous disaient
adieu, et vous priaient de ne pas les oublier, vous répondiez en pleurant. Mais
le temps a séché vos larmes et vous les avez bientôt oubliés. Vous n’avez plus
pour eux ni regret, ni tendresse ni reconnaissance. Vous vous repaissez, comme
l’officier de Pharaon, du bien – être qu’ils vous ont acquis, à la sueur de
leur front, et vous lez laissez gémir comme Joseph, dans la prison du
purgatoire. Où sont donc votre foi, votre conscience, votre cœur, votre mémoire
? « Seigneur, Seigneur, réparez cet étrange oubli, et donnez à nos
frères souffrants et abandonnés le repos et la gloire éternelle. »
3. Exemple
Chaganus, ayant mis en fuite l’armée de Maurice,
exigea de l’empereur une somme d’argent considérable pour le rachat des
nombreux prisonniers qu’il avait faits. Maurice refusa. Le vainqueur demanda
alors une somme moins forte qui ne lui fut pas accordée. Après avoir réduit à
bien peu de choses la rançon qu’il désirait sans pouvoir l’obtenir, le barbare
irrité fit couper la tête à tous les soldats impériaux qu’il avait eus en son
pouvoir. Peu de jours après, Maurice eut une épouvantable vision. Il vit une
multitude d’esclaves qui portaient des chaînes pesantes. Ces infortunés, avec
des accents horribles, criaient vengeance contre lui. Le Juge Souverain,
irrité, lui disait : « Aimes – tu mieux être puni en monde ou en l’autre ? » «
Ah Seigneur ! Je préfère être châtié en ce monde. » répondit
l’empereur consterné. « Et bien, en punition de ta cruauté envers ces pauvres
soldats, dont tu n’as pas voulu sauver la vie, lorsque tu le pouvais à si peu
de frais, l’un d’eux t’enlèvera ta couronne, ta réputation et ta vie, et toute
ta famille te suivra dans ta chute ! » En effet, peu de jours après, l’armée
s’insurgea et proclama Phocas empereur. Maurice,
fugitif, s’enfuit sur un petit navire ; mais ce fut en vain. Les partisans de Phocas se saisirent de lui, et le chargèrent de chaînes. Ce
malheureux père eut la douleur de voir massacrer ses cinq fils et il mourut lui
– même ignominieusement.
Ame chrétienne, qui lisez ces lignes,
pensez – y : ce ne sont pas de pauvres soldats, ce sont vos propres frères, vos
chers parents qui gémissent, devenus prisonniers aimants de
Prions – Comment pourrais – je oublier,
Seigneur, ces âmes auxquelles la mienne était liée par les liens de l’affection
et de la parenté ? Comment pourrais – je abandonner dans leurs cruelles
souffrances ces êtres chéris, qui m’ont donné pendant leur vie des preuves si
nombreuses d’une affection toute tendre et dévouée ? Tous les jours de ma vie
et jusqu’à mon dernier soupir, je prierai pour eux. O Jésus, soyez leur
propice. Appelez vos enfants et nos frères dans
Seizième Jour – Premier motif de soulager
les âmes du purgatoire : la gloire de Dieu
1. Cette dévotion glorifie Dieu
Le premier motif qui doit
nous engager à hâter par tous les moyens possibles la délivrance des saintes
âmes du purgatoire, est la gloire qui en revient à Dieu. En effet, rien ne
glorifie le Très – Haut, ne fait bénir son nom, ne dilate son cœur paternel,
rien ne contribue davantage à l’accomplissement de Sa Volonté adorable, que le
soulagement des morts. Comprenons – le bien, en leur ouvrant le Ciel, nous
donnons à Dieu des voix pour Le louer, des cœurs pour L’aimer et Le bénir ;
nous lui donnons des âmes qui vont se consumer au pied du trône de son
éternité, dans les ardeurs d’un amour si pur, si parfait et si grand, qu’il ne
nous est pas même donné de le comprendre dans le lieu de notre exil.
« Il n’est rien de plus
agréable à Dieu, disait Saint Augustin, que le soulagement et la délivrance des
fidèles trépassés. » « C’est, ajoutait Bourdaloue, un apostolat plus beau, plus
grand et plus méritoire, que la conversion des pécheurs, des infidèles, des
païens. »
Hâtons – nous donc de satisfaire aux
droits de
2. Elle réjouit Ses Saints
Souvenons – nous qu’en
délivrant ces âmes par nos actes d’amour, non seulement nous glorifions Dieu,
mais nous réjouissons le Ciel tout entier. L’entrée d’un nouvel élu dans cette
belle patrie est une fête de famille pour tous ses heureux habitants ; chacun
d’eux l’accueille et le félicite avec une joie fraternelle. Marie,
Attachons – nous à une dévotion si
agréable à Dieu et à tous ses amis. Prêtons l’oreille, non plus aux
gémissements des âmes du purgatoire, mais aux pressantes invitations de Jésus –
Christ, de
3. Exemple
Il est raconté au Livre de
Daniel, que le roi de Perse, Darius, avait fait une loi dont la violation
comportait la peine d’être exposé aux lions et dévoré par eux. Le prophète
Daniel, adorateur du vrai Dieu, ne pouvant se soumettre à cette loi païenne,
fut accusé comme violateur de la volonté royale. Le roi qui aimait Daniel fur
désolé de savoir qu’il venait d’être accusé d’un crime le faisant condamner à
la fosse aux lions. Mais pour ne pas se mettre en opposition avec la loi qu’il
venait de porter, il consentit à ce que le prophète fut
précipité dans cette épouvantable fosse. Cependant en le laissant partir, il
lui dit : « Daniel, Serviteur de Dieu, va tranquille ; ce que je ne puis pas
faire moi, sans blesser ma justice, j’ai confiance que le Dieu que tu adores le
fera, et Il te délivrera dans Sa Miséricorde. » EN effet, Dieu veilla
miraculeusement sur Daniel. Il ferma d’abord la gueule des lions qui, au lieu
d’être ses bourreaux, étaient devenus ses gardiens. Ensuite, il envoya son Ange
pour lui porter à manger.
Voilà l’image de ce qui arrive aux âmes du
purgatoire. Dieu, en les voyant entachées de péchés, endettées envers Sa
Justice, ne peut pas les admettre dans Son Royaume, Il est obligé de les
laisser aller dans la prison de l’expiation, et Il leur dit : « Allez avec
confiance, car ce que Je ne puis pas faire à cause de Ma Justice, vous âmes
chrétiennes, vous le ferez, vous serez les ministres de Ma Miséricorde, vous
êtes constituées libératrices du purgatoire, comme Moïse fut libérateur du
peuple Israël en Egypte. A vous de soulager et délivrer ces pauvres
prisonnières ; à vous de leur porter la nourriture spirituelle qu’elles
attendent avec impatience. » Quelle noble et sainte mission !
Prions – O Dieu infiniment Bon et
infiniment Aimable, oubliez, je vous en supplie, les droits de Votre Justice
pour ne Vous souvenir que de ceux de Votre Miséricorde ; exercez – la dans
toute son étendue sur ces âmes qui Vous sont si chères. Ouvrez leur Votre sein
Paternel et permettez leur de Vous glorifier dans le Ciel par leurs actions de
grâce et leurs éternelles louanges. Douce Marie, Saintes et Saints du Ciel,
intercédez pour elles. O Jésus, soyez leur propice. Montrez leur Votre Face
dans
Dix-septième jour – Deuxième motif :
l’amour de Notre – Seigneur
1. Combien Il aime les âmes du purgatoire
Considérez que NSJC a pour
les âmes du purgatoire, comme pour toutes les âmes rachetées au prix de son
sang, un amour infini. Chacune peut dire : « Il m’a aimé et s’est livré pour
moi » Et s’il y a des mesures et des degrés dans l’infini, Il doit les aimer
plus que nous, parce – que confirmées en grâce, ne pouvant plus pécher,
elles ne L’offenseront jamais plus, et parce -qu’elles Le bénissent et Le
chérissent plus tendrement que nous. Oui, n’en doutons pas, les yeux et le cœur
du Miséricordieux Jésus, sont sans cesse attachés sur ces martyrs d’outre –
tombe, sur nos frères les morts. Loin de les oublier, de les délaisser dans les
souffrances, on peut dire qu’Il souffre en quelque sorte en eux. Il souffre
comme Rédempteur dans ces âmes qu’Il a rachetées par tant de sacrifices ; comme
Père, comme Epoux, comme Chef, dans les membres de Son Corps Mystique. Leurs
douleurs lui rappellent Ses propres douleurs, leur amour appelle Son Amour.
S’Il pouvait mourir, Il mourrait encore pour payer leurs dettes et leur ouvrir
la porte du Paradis ; et pour retenir la force de Son Amour, il faut toute
Ayons les sentiments du Cœur de NSJC.
Comme Lui, aimons nos frères de l’Eglise Souffrante, aimons les tendrement à
cause de leur sainteté et de la durée de leurs tourments. Aimons – les comme
nous – même pour l’amour de Dieu. Alors, nous prendrons une large part à
leurs peines et nous leur tendrons une main secourable.
2. Combien NS désire que nous soulagions
les âmes du purgatoire
NSJC ne peut pas délivrer lui
– même les âmes du purgatoire ;
Pour exciter notre charité, Il ne cesse de
nous répéter ce qu’Il disait à Ses disciples en leur parlant des pauvres : «
Tout ce que vous ferez pour le moindre d’entre eux, je le regarderai comme fait
à Moi – même. » Et Il nous récompensera un jour, comme si Lui – même eût été
délivré. Chers amis, quel puissant motif, pour nous enflammer de zèle en faveur
d’une œuvre si grande, si facile à accomplir ! Quelle joie de pouvoir si
aisément satisfaire les désirs brûlants du Cœur de NSJC. Le Divin Sauveur dit
un jour à
3. Exemple
Dans une lettre écrite à une
dame du monde, le Père Lacordaire racontait qu’un paysan de Pologne venant à
mourir, fut placé par
Prions – O Jésus, plein de Miséricorde et
de bonté, Vous qui avez tant aimé les hommes, qui les justifiez par la foi, les
glorifiez par la grâce, je vous en prie, par la vertu de la blessure de Votre
Côté Sacré, ouvert par la lance sur la croix, délivrez les trépassés du feu du
purgatoire et rendez les dignes de la gloire de vos saints. Soyez leur propice
Ô Jésus. Appelez vos enfants et nos frères au séjour Eternel. Qu’ils reposent
en paix.
Dix – huitième jour – Troisième motif :
l’amour de Marie
1. Elle console les âmes du purgatoire
Marie ne se contente pas
d’encourager et de consoler ses chers enfants de la terre, elle est aussi
Heureux sont les vrais
enfants de Marie. Sa protection ne les accompagne pas seulement en ce monde,
mais elle va les chercher pour consoler leurs misères invisibles, impalpables,
qu’on pourrait appeler misères d’outre – tombe. Que cette pensée est douce et
consolante. Qu’il est agréable d’espérer l’assistance de
2. Elle les délivre
St Louis – Marie Grignon de Montfort, lui,
affirmait qu’à ce moment – là, la joie dans le Ciel augmentait de moitié !
C’est aussi une pieuse croyance que tous les samedis et les jours de ses fêtes,
cette Bonne Mère descend dans le lieu de
Ames chrétiennes, priez tous les jours
Marie en faveur de vos chers défunts, demandez – lui leur soulagement. A cette
fin, offrez – lui de temps à autres quelque mortification, une communion, une
visite à la chapelle où elle est spécialement honorée.
Bonne Mère, ayez pitié de mes frères
souffrants, procurez – leur le repos éternel. Souvenez – vous qu’ils sont vos
enfants et que vous êtes toujours leur mère.
3. Exemple
Une sainte religieuse avait
donné pendant quelques temps ses soins à une pauvre fille qui était dans un
état déplorable tant pour l’âme que pour le corps. Après avoir menée une vie
scandaleuse, elle avait été frappée d’une maladie honteuse qui la rendait un
objet de dégoût et de mépris pour tout le monde. L’infection qu’elle répandait
autour d’elle était telle que ses voisines l’avait
contrainte de chercher un gîte dans une vieille masure isolée. Son caractère
était si acariâtre que, seule notre religieuse, surmontant le dégoût qu’elle
lui inspirait, venait comme un ange du Ciel de quoi supporter sa malheureuse
existence. Toutefois, ses services n’étaient payés que par des injures. Lorsque
Un jour, survint une crise
épouvantable, et l’infortunée malade mourut presque subitement. Sur le point de
paraître devant le Souverain Juge, elle se souvint des miséricordes de Marie,
qu’elle avait quelquefois invoquée dans sa jeunesse, et elle lui dit : « O vous
qui n’abandonnez pas ceux que tout le monde repousse, Mère pleine de tendresse,
venez à mon secours ! Si vous mes laissez, je suis perdue ! » Et Marie vint au
secours de la pécheresse, lui inspira des actes de repentir et la préserva de
l’enfer.
Le lendemain, on trouva le
cadavre hideux étendu par terre, et chacun de s’écrier que l’âme était
réprouvée. La sœur en était elle – même si convaincue, qu’elle l’effaça de son
souvenir. Cependant, un jour, celle qu’elle croyait damnée, lui apparut par la
permission de Dieu, et lui dit : « Vous qui priez pour tout le monde, m’oubliez
– vous ? » « Quoi ? s’écria la sainte religieuse, vous ? en
purgatoire ??? » La pauvre pécheresse lui raconta le miracle de salut qui
s’était opéré en elle, à son agonie, la suppliant de prier
Merci Marie, pour votre
bonté.
Prions – Nous vous saluons, Ô
Reine de Miséricorde, notre Vie, notre Douceur, notre Espérance, non seulement
dans cette vallée de larmes, mais aussi dans le lieu d’expiation, nous
vous saluons. Nous crions vers Vous, consolatrice des affligés ; nous soupirons
et gémissons, pour nos frères souffrants du purgatoire. Tournez vers eux, ô
notre Avocate, vos regards miséricordieux. Faites – leur voir Jésus, le fruit
de vos entrailles. C’est ce que nous vous demandons instamment pour eux, ô
Reine pieuse et douce Vierge Marie.
Dix – neuvième jour – quatrième motif : la
reconnaissance des défunts
1. Dans le purgatoire
C’est une opinion bien reçue
parmi les théologiens, que les âmes souffrantes intercèdent même dans le
purgatoire pour ceux qui les assistent. Elles ne peuvent rien obtenir pour
elles – même et leurs prières sont sans fruit, quand elles demandent la fin de
leurs tourments ; mais il n’en n’est pas de même des prières qu’elles font pour
leurs bienfaiteurs. Ces supplications sont dans l’ordre de
2. Dans le Ciel
Le Ciel est la patrie de la
reconnaissance, et délivrées par nos actes d’amour et nos prières, les âmes
nous resteront attachées par les liens d’une gratitude éternelle. Pourront –
elles nous oublier lorsque nous les auront mises en possession des richesses
éternelles ? Lorsque nous leur aurons rendu leur place au banquet de l’Agneau,
où elles pourront enfin manger le pain des Anges dont elles sont affamées ?
Non, assurément, elles ne nous oublierons jamais : elles seront attentives à
tous nos besoins, elles veillerons sur nous comme d’autres anges gardiens. Du
haut de leurs trônes, elles jetteront les yeux sur nos périls et sur nos maux,
supplieront Dieu sans cesse de nous épargner les épreuves, d’éloigner de nous
toutes les tentations et les dangers, et uniront leurs supplications aux
nôtres, pour faire une sainte violence au Cœur de Dieu. Quel soulagement dans
nos peines ! Quels auxiliaires précieux ! A notre agonie, quels consolateurs et
quels soutiens ! Quels avocats puissants au Jour redoutable de
Mon Dieu, que d’avantages,
que de consolations de toutes sortes dans la dévotion aux fidèles trépassés !
Heureux donc et bienheureux ceux qui prient pour les morts ! « Tout ce que nous
leur donnons par charité, disait St Ambroise, se change en grâces, et après
notre mort, nous en trouvons le mérite cent fois doublé. »
3. Exemple
Une personne pieuse et digne
de foi a écrit les lignes suivantes, qui sont une preuve de l’efficacité des
prières des âmes du purgatoire : « Je désirais le rétablissement de ma pauvre
santé bien compromise, et je m’étais adressée à Notre – Dame de Lourdes, à
L’Enfant Jésus, à St Joseph, sans rien obtenir. Ce n’est qu’après avoir supplié
les saintes âmes du purgatoire de prier pour moi, que j’ai été exaucée. Je leur
avais donné jusqu’à Noël, leur promettant des prières et des messes, si à cette
époque je pouvais remplir mes devoirs religieux et reprendre mes occupations.
Bénies et remerciées soient ces chères protectrices : je suis radicalement
guérie ! Aussi, me suis – je empressée d’accomplir ce que je leur avais promis.
Vous voyez combien le Bon Dieu désire la délivrance des âmes captives du
purgatoire, puisqu’Il force pour ainsi dire à recourir à elles, à prier pour
elles, pour obtenir une foule de grâces qu’Il veut faire passer par leurs
mains. Quant à moi, je suis convaincue de cette vérité car j’affirme que toutes
les faveurs que Dieu m’accorde, je les dois à la prière de mes bonnes amies du
purgatoire. Avec elles, je ne désespère de rien, j’espère même contre toute
espérance. »
Instruisez – vous par cet
exemple, et soyez convaincus que vous pourrez tout obtenir par l’entremise de
vos frères les morts.
Prions – Saintes âmes du purgatoire, je
prie le Seigneur Jésus qui est mort pour vous, d’avoir pitié de vos douleurs.
Puisse – t – il, par l’aspersion de Son Sang, vous rafraîchir au milieu de vos
tourments ! A votre tour, âmes charitables, daignez intercéder pour moi. Vos
prières seront entendues, car vous êtes dans la grâce. Demandez donc pour moi
les faveurs spirituelles et temporelles qui me sont le plus nécessaire ;
demandez que je fasse une sainte mort et que je sois un jour au Ciel avec vous.
Vingtième jour – Premier moyen de soulager
les âmes du purgatoire : la prière
1. Moyen facile
Après avoir étudié les motifs
qui nous pressent de soulager les âmes du purgatoire, examinons maintenant les
moyens les plus efficaces de leur venir en aide. Le premier de ces moyens est
la prière ; il est à la portée de tous, des pauvres et des riches, des faibles
comme des forts, des petits enfants comme des vieillards ; personne ne peut
alléguer de motifs raisonnables pour s’en dispenser. Vous ne pouvez pas faire
pénitence par le jeûne ? Vous ne pouvez pas faire beaucoup la charité ? Priez
alors, priez souvent pour vos frères les trépassés ; priez le matin, priez le
soir ; priez le jour, priez même la nuit. Qui donc ne peut la faire, cette
charité de la prière qui rachète la douleur ? Qui ne peut trouver dans son cœur
un cri de supplication pour ces incomparables misères ? Qui, parmi nous,
pleurant la mort des siens, ne peut supplier Dieu ? Nous verrions souffrir un
saint, un ami, un parent qu’une prière pourrait soulager et rendre heureux, et
nous ne la ferions pas ? Prions pour des frères malheureux ! C’est non
seulement aisé et facile, mais consolant et agréable ! Il est si doux de parler
de ceux qu’on aime, de s’occuper de ceux que l’on chérit !
Prenez la résolution de ne
laisser passer aucun jour sans prier pour vos parents qui ne sont plus. Offrez
en leur faveur la peine que vous causent les
distractions, ou l’aridité de votre cœur pendant ce saint exercice. Du moins,
répétez souvent ces courtes invocations : « Doux Jésus, soyez leur propice !
Seigneur, donnez leur le repos éternel ! Mon Dieu, qu’ils reposent en paix ! »
2. Moyen efficace
« La prière, c’est la clé
d’or qui ouvre le Ciel » disait St Augustin. Plus puissante que toutes choses,
elle jaillit du cœur de l’homme, s’élève sur l’aile des anges, monte jusqu’au
trône de Dieu, va droit à Son Cœur, Le touche, L’attendrit, fait taire
L’Eglise a consacré le psaume De Profundis
comme prière spéciale pour les défunts, et Elle nous engage à le réciter
souvent à leur intention. Les paroles de ce psaume sont en effet autant de voix
qui expriment tour à tour, d’une manière vive et saisissante la douleur, la
résignation, l’amour, l’espérance des pauvres âmes qui brûlent dans les
profondeurs de l’abîme. Prenons la résolution de la réciter à la fin de notre
prière habituelle.
3. Exemples
Sur le point de mourir, Ste
Monique appela près de son lit son fils Augustin : « Mon enfant, lui dit – elle,
je meurs contente, j’ai obtenu de mon Dieu ce que j’ai désiré pendant toute ma
vie. Oh oui ! Je meurs contente ! Mon fils, mon cher Augustin, quand j’aurai
rendu mon dernier soupir, n’oubliez pas dans vos prières, n’oubliez pas à
l’autel celle qui a été doublement votre mère. Souvenez vous toujours de l’âme
de Monique. » Augustin, attendri, ne put répondre que par ses larmes, et sa
mère expira dans la joie du Seigneur. Pendant les vingt années qu’il vécut
encore, il ne cessa de prier et de célébrer la messe pour le repos de celle qui
l’avait tant aimé. Il fit plus : il demanda instamment à tous les prêtres de sa
connaissance, à tous ceux qui liraient ses ouvrages dans la suite des siècles,
de se souvenir, au saint autel, de Monique sa mère, afin, ajoute – t –il que
cette multitude de supplications lui ouvre la porte du Ciel.
Un des exemples les plus touchants de
l’efficacité de la prière pour les défunts est rapporté dans les Actes du
martyre de Sainte Perpétue, cette sainte d’Afrique qui subit la mort pour le
Christ au commencement du troisième siècle. Pendant que Perpétue était en
prison, elle eut une vision : elle vit son jeune frère Dinocrate,
mort à sept ans, sortir d’un lieu ténébreux et s’approcher d’un puits rempli
d’eau jusqu’au bord. Mais ce bord était trop haut pour la taille de l’enfant
qui n’y pouvait puiser, et tout triste, il regardait sa sœur. Celle – ci
comprit que Dinocrate souffrait pour expier des
fautes commises sur la terre. Elle offrit alors ses souffrances et ses prières
pour cette jeune âme. Peu après, Perpétue fut favorisée d’une nouvelle vision :
elle revit Dinocrate. Mais cette fois – ci, il était
tout joyeux, il puisait avec plaisir l’eau du puits mystérieux, dont le bord
s’était abaissé à sa portée ; et les ténèbres avaient fait place autour de lui
à une lumière éclatante. Il venait donc d’être délivré de sa peine par les
prières et les souffrances offertes par sa sœur Perpétue, et il jouissait du
bonheur du Ciel symbolisé par le breuvage vers lequel il avait aspiré dans le purgatoire
et dont il pouvait maintenant étancher sa soif. L’image de cette vision se
trouve exprimée par l’Eglise, lorsqu’elle demande à Dieu d’accorder aux âmes
des défunts « le lieu du rafraîchissement, de la lumière et de la paix ».
A l’exemple de St Augustin, prions
beaucoup, prions sans cesse et toujours pour nos chers parents défunts. Et si
notre mère est décédée, ne l’oublions jamais ! Même si elle est au Ciel, nos
prières lui seront bienfaisantes dans son intercession près de Dieu pour nos
intentions.
Prions – Seigneur Jésus qui avez dit : «
Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous
ouvrira » je vous prie, je vous implore, par les mérites de vos saintes plaies
et par votre grande Miséricorde, d’avoir pitié des pauvres âmes qui gémissent
dans le purgatoire. Ne rejetez pas, doux et tendre Sauveur, mes prières ;
entendez mes gémissements et ouvrez à mes amis, à mes parents infortunés, les
portes du Céleste Séjour. Que la lumière qui ne s’éteint pas luise sur eux !
Qu’ils reposent dans la paix éternelle !
Vingt-et-unième jour – second moyen de
soulager les âmes du purgatoire : la charité
1. La charité corporelle
La charité est une des
vérités qui nous sont le plus souvent et le plus fortement recommandées dans
l’Evangile. Elle possède même, d’après St Thomas, une puissance de satisfaction
plus grande que la prière ; ou plutôt elle double la force de nos prières et en
assure le succès. L’ange disait à Tobie : « La charité sauve de la mort ; c’est
elle qui efface les péchés ; elle retire l’âme des ténèbres, lui fait trouver
grâce devant Dieu et lui assure
A l’œuvre donc, secourez les
affligés de la terre, et vous soulagerez en même temps ceux qui pleurent.
Mettez l’obole de la veuve dans la main du pauvre ; les captifs deviendront
libres.
2. La charité spirituelle
Si les biens nous manquent,
si l’argent nous fait défaut, il nous reste la charité spirituelle qui fait du
bien à l’âme et au cœur qui souffrent et gémissent. « Elle surpasse, suivant
l’expression de St Thomas, la charité corporelle, comme l’esprit surpasse le
corps » Les misères spirituelles sont bien plus nombreuses et plus
déplorables que les misères corporelles. Or,
3. Exemple
A Bologne, en Italie, une
veuve avait un fils unique qui avait coutume de jouer sur la place publique
avec les enfants de son âge. Un jour, un étranger troubla ses jeux, avec un
mauvais vouloir évident. L’enfant lui cria de rester tranquille. L’inconnu,
vexé, tira son épée et le transperça. Saisi de crainte, et surpris par la
violence du geste imprévu qu’il venait d’effectuer, son épée sanglante à la
main, il se mit à courir et se précipita dans une maison pour s’y cacher. Or,
il se trouve que c’était la maison de l’enfant assassiné… Il arriva dans l’appartement
de la veuve qu’il ne connaissait pas. A la vue de cet homme, de cette épée
couverte de sang, elle demeura interdite. Mais entendant l’étranger lui
demander « Au nom de Dieu » asile contre ceux qui le poursuivaient, elle promit
de le cacher et de ne le point le livrer. Cependant, les gendarmes apprenant
qu’il était entré dans cette maison, le cherchèrent partout, sans le trouver.
Comme ils allaient repartir, ils demandèrent à la dame si elle savait que son
fils avait été tué par cet assassin… A ces paroles, la mère tomba évanouie.
Quand elle revint à elle, on crut qu’il serait impossible de la sauver, tant ce
coup l’avait abattue. Mais s’en remettant en
Prions – Confiant en vos paroles, O mon
Sauveur, je ne verrai plus désormais que votre Personne adorable, cachée sous
celle du mendiant qui implorera ma pitié. Je pratiquerai la charité à celui qui
me la demandera comme si je devais la faire à Vous –
même. Mais ma charité ne se bornera pas aux vivants. Je veux qu’elle s’étende
jusqu’aux morts et que celle que je ferai pour les pauvres de la terre serve
aux pauvres du purgatoire et attire sur eux l’effusion de Votre Miséricorde.
Doux Jésus, donnez leur le repos éternel !
Vingt-deuxième jour – Troisième moyen de
soulager les âmes du purgatoire :
1. Communion sacramentelle
Quand nous avons le bonheur
de communier, nous sommes unis à NSJC d’une manière si intime que chacun de
nous peut s’écrier avec l’Apôtre : « Non, ce n’est plus moi qui vis, c’est
Jésus – Christ qui vit en moi » Alors notre chair devient sa propre chair, son
cœur fait palpiter le nôtre, son sang coule dans nos veines, sa divinité réside
en nous, Il regarde avec nos yeux, Il dilate notre cœur. Dans cet heureux instant
envié des anges, même sans parole, il nous est facile de parler à Dieu, pour
lui dire avec plus de confiance encore que le roi prophète : « O Dieu
protecteur des affligés, jetez les yeux sur moi, vous y verrez la face de votre
Christ : ce n’est plus moi qui parle et qui prie : c’est Jésus, Votre propre
Fils, qui parle et prie pour moi ; c’est lui qui demande pour moi la délivrance
de ma mère, la délivrance des pauvres âmes abandonnées. Je suis sûr, ô Père
Miséricordieux, qui vous ne rejetterez pas ces justes supplications car le
visage, les larmes, le sang de Jésus – Christ ont une voix toute - puissante
pour apaiser Votre Justice et obtenir le pardon. »
Communions souvent pour ces âmes tant
aimées qui n’ont plus le bonheur de participer au Banquet Eucharistique. Avec
quelle ardeur elles attendent que nous répandions sur elles la rosée
rafraîchissante et libératrice du Sang du Christ. Bientôt l’éternelle communion
commencera pour elles et elles iront contempler dans le Ciel, le Sauveur, Pain
de Vie, l’adoreront, le béniront et le loueront sans fin.
2. Communion spirituelle
Si vous ne pouvez pas faire
souvent la communion sacramentelle, c’est – à – dire recevoir réellement Notre
– Seigneur Jésus – Christ dans votre cœur à
« Mon Jésus ! Je vous crois ici présent ;
je vous aime, je vous désire, je m’unis d’esprit et de cœur, en attendant que
je puisse vous recevoir réellement. Bénissez – moi, bénissez aussi les pauvres
âmes si souffrantes du purgatoire. Oui, Seigneur, appelez vos enfants et nos
frères au repos éternel et que la lumière qui ne s’éteint plus luise sur eux !
Qu’ils reposent en paix ! »
3. Exemple
Louis de Bois, célèbre maître
de la vie spirituelle et homme d’une remarquable sagesse, rapporte qu’un pieux
serviteur de Dieu, qu’il connaissait et aimait, fut visité par une âme du purgatoire,
et que celle – ci lui fit voir tout ce qu’elle endurait de tourments. Elle
était punie pour avoir reçu
Rappelons le conseil de St Bonaventure : «
Que la charité vous porte à communier, car il n’y a rien de plus efficace pour
le repos éternel des défunts. »
Prions – Vous retenez, ô mon Dieu, les
âmes de mes proches dans votre Justice, mais vous voulez qu’en mangeant le Pain
des Anges, je puisse leur ouvrir le Paradis. Soyez donc béni, Père
Miséricordieux, et je promets que désormais je communierai souvent en faveur de
ces saintes âmes du purgatoire. Vous ne verrez plus ainsi en moi que Votre
Fils, et ma voix, couverte par la sienne, parviendra ainsi jusqu’à vous et
m’obtiendra plus sûrement la grâce que je sollicite. O Jésus, soyez propice à
nos chers défunts. Qu’ils reposent en paix !
Vingt – troisième jour – Quatrième moyen
de soulager les âmes du purgatoire : le sacrifice de
1. Il est offert par Jésus – Christ
De tous les moyens que nous
avons indiqués jusqu’ici, pour le soulagement des âmes du purgatoire, aucun
n’est aussi puissant, aussi efficace que le Saint Sacrifice de
Quelle joie dans ce royaume des pleurs,
pour ces âmes victimes de
A Rome dans un monastère, une peinture
représente St Bernard disant la messe et des âmes qui sortent du purgatoire et
montent au Ciel à mesure que le Sacrifice continue. Pourquoi pensons – nous si
peu à ces grâces exceptionnelles ? Dans la plupart des familles chrétiennes, on
fait célébrer une messe de huitaine et des messes anniversaires chaque année. Y
pensez – vous ?
2. Nous l’offrons avec Lui
Si vos ressources ne vous
permettent pas de faire célébrer souvent des messes, n’oubliez pas que vous
pouvez les offrir vous – même d’une certaine manière, en y assistant avec
dévotion, en unissant vos prières à celle du prêtre, à celle de Notre –
Seigneur. Oui, quand vous êtes là, près de l’autel, vous disposez des mérites
de l’Agneau sans tache, vous pouvez les appliquer à tous ceux qui vous sont
chers, et de même que Marie et Joseph réglaient les actes et les démarches de
l’Enfant – Dieu, vous exercez une autorité sur Jésus – Eucharistie, vous
devenez le maître, le distributeur de ses mérites. Vous pouvez donc prendre son
Sang Divin et le répandre à profusion sur les âmes bénies du purgatoire. Vous
pouvez leur appliquer le fruit du Sacrifice, ainsi que la part qui vous revient
de droit, de toutes les messes qui se disent dans l’univers. C’est là un trésor
auquel nous ne pensons pas assez ; un trésor avec lequel nous pouvons solder la
rançon de nos parents et de nos amis et leur ouvrir la porte du Ciel. Nous
sommes coupables d’exiger un moyen si facile et si efficace de mettre un terme
aux tourments de ces chères âmes qui nous demandent par les mérites du Sauveur,
de penser à elles, au St Sacrifice, pendant le Mémento des morts.
3. Exemple
Le St Curé d’Ars racontait un
jour, dans son catéchisme, à ses paroissiens, le trait suivant :
« Mes enfants, un bon
prêtre avait eu le malheur de perdre un ami qu’il chérissait tendrement, aussi
priait – il beaucoup pour le repos de son âme. Un jour, Dieu lui fit connaître
qu’il était en purgatoire et qu’il souffrait horriblement. Ce saint prêtre ne
crut rien faire de mieux que d’offrir le Saint Sacrifice de la messe pour son
cher défunt. Au moment de
Suivons le conseil du Saint
Curé d’Ars.
Autre exemple – des messes pour les
défunts…
Ste Elisabeth, reine du
Portugal, venait de perdre sa fille Constance, reine de Castille. Elle se rendait
à Santarem. Comme elle passait près d’un bois, un ermite en sortit et se mit à
courir derrière le cortège royal, criant qu’il voulait parler à la reine. Les
gardes le repoussaient mais la reine l’ayant entendu, ordonna qu’on le lui
amenât. Il lui expliqua que plusieurs fois, pendant qu’il priait dans son
ermitage, la reine Constance lui était apparue et l’avait conjuré de faire
savoir à sa mère qu’elle gémissait dans le purgatoire et qu’il fallait dire la
messe pour elle tous les jours, pendant un an…
L’ermite se retira et l’on ne
le revit plus… Les courtisans qui l’avaient entendu s’en moquaient et le
traitait de visionnaire, de fou et même d’intriguant. La reine Elisabeth trouva
qu’il était plus sage de faire ce qui lui était demandé par cet homme si peu
ordinaire. « Après tout, se dit – elle, faire dire des messes pour notre chère
fille défunte est dans la logique chrétienne. » Le Père Ferdinand Mendez, réputé pour sa piété, fut chargé de célébrer les
365 messes pour le soulagement de l’âme de Constance… Sainte Elisabeth priait
pour sa fille ; mais elle avait complètement oublié la consigne, donnée à ce
bon prêtre… Un jour, Constance apparut à sa mère, vêtue de blanc, éclatante de
lumière, et lui dit ; « Maintenant, je m’envole vers la béatitude éternelle ! »
Le lendemain Elisabeth alla à l’église pour remercier le Bon Dieu de la
délivrance de sa fille. Le père Mendez l’y aperçut et
vint lui dire qu’il venait de terminer la veille, la série des 365 messes…
Juste au moment de l’apparition de sa fille délivrée… Elisabeth se souvint de
l’ermite !
Prions – Aussi coupables que soient à vos
yeux les âmes du purgatoire, laissez vous apaiser Ô Dieu de miséricorde et
pardonnez leur en voyant le Sang Précieux de Votre Fils répandu chaque jour sur
l’autel pour les laver de leurs souillures. Ecoutez la voix de ce Sang Adorable
qui ne crie pas pour demander vengeance, mais grâce et miséricorde. O Jésus,
Agneau sans tache qui effacez les péchés du monde,
soyez propice à mes frères défunts. Qu’ils soient délivrés et qu’ils reposent
en paix près de Vous !
Vingt – quatrième jour – Cinquième moyen :
la souffrance
1. Souffrance volontaire
« Soulageons les âmes du
purgatoire, disait St Jean Chrysostome, soulageons – les par tout ce qui nous
peine. Car Dieu a soin d’appliquer aux morts les mérites des vivants. » La
souffrance ! C’est la grande satisfaction que le Seigneur demande à leur amour
débiteur de Sa Justice. Nous souffrons donc pour eux afin qu’ils souffrent
moins. Si nous avions une fois plus vive, une charité plus ardente, quelles
mortifications ne nous imposerions – nous pas pour soulager et délivrer des
parents, des amis qui nous ont tant aimés et qui souffrent maintenant d’une
manière si horrible ? La pénitence, le jeûne, les austérités seraient nos
exercices ordinaires. Mais au moins ayons le courage d’accomplir quelques
légers sacrifices : celui d’un plaisir, d’une affection dangereuse, d’une
lecture mauvaise, sacrifice d’une habitude coupable, d’un objet de luxe ou de
pure vanité. « Choisissez la meilleure victime, disait le Père Félix,
choisissez la surtout au fond de votre cœur pour ceux que vous aimez le plus,
sacrifiez ce que vous avez de plus cher ; sacrifiez – vous vous – même et que
le prix du sacrifice personnel devienne le rachat de la souffrance paternelle.
» Ces âmes bienheureuses s’élèvent vers le Ciel sur les ailes de nos
sacrifices, de nos austérités, de nos souffrances. Elles s’envolent
triomphantes et elles nous remercient de notre générosité et quand elles seront
dans la gloire, elles nous rendrons surabondamment ce que nous aurons fait pour
elles. Quel sujet de consolation et d’espérance ! O Jésus crucifié, faites nous
comprendre le prix de la souffrance !
2. Souffrance involontaire
Mais si la souffrance
volontaire déconcerte notre courage,
Courage donc, endurons un peu de froid,
nous rafraîchirons des victimes qui brûlent au milieu du feu de la colère de
Dieu. Souffrons un peu de chaleur, nous changerons les ardeurs de ce feu en une
douce rosée. Supportons une incommodité, nous arracherons des âmes au plus
profond des abîmes. Acceptons une fatigue, une lassitude, nous les porterons
sur des trônes de gloire dans le Ciel : pour nous un moment de peine, pour
elles une éternité de bonheur !
3. Exemple
Un malade, rapportait St
Antonin, était en proie aux plus excessives souffrances et demandait à Dieu
avec des larmes, la délivrance de ses maux. Un ange lui apparut et lui dit : «
Le Seigneur m’envoie vers vous pour vous donner le choix d’une année de
souffrances sur la terre ou un seul jour dans le purgatoire. »
Le malade n’hésita pas. Un
seul jour dans le purgatoire, se dit – il, je verrai du moins un terme à mes
douleurs. Il expira aussitôt et son âme fut précipitée dans l’abîme de
l’expiation. Alors l’ange, compatissant, vint s’offrir à
lui pour le consoler. A cette vue, le malheureux poussa une clameur déchirante,
semblable à un rugissement et s’écria : « Ange séducteur, vous m’avez trompé !
Vous m’avez assuré que je ne serai qu’un jour dans le purgatoire et voilà déjà
20 ans que je suis livré aux plus affreux supplices ! »
« Détrompez vous ; à peine
quelques minutes se sont écoulées depuis votre trépas, et votre cadavre n’est
pas encore froid sur votre lit de mort. » lui répondit
l’Ange.
« Alors obtenez que je
retourne sur la terre pour y souffrir pendant un an, tout ce qu’il plaira à
Dieu »
Sa demande lui ayant été
accordée, le malade incitait tous ceux qui venaient le voir à accepter de bon
cœur toutes les peines de ce monde, plutôt que de s’exposer aux tourments de
l’autre.
« La patience dans les
peines, disait – il souvent, est la clé d’or du Paradis. Profitons en donc pour
offrir nos souffrances. »
Et il mourut au terme de
l’année, comme convenu…
Prions – Soyez béni, O mon Dieu, qui avez
bien voulu que les souffrances et les peines dont ma vie est semée, deviennent
pour moi une source abondante de mérites, et un moyen de satisfaire à Votre
Justice pour les âmes qui me sont chères. Désormais, loin de me plaindre de la
pesanteur de mes croix, je les supporterai avec patience et résignation, et
vous abaisserez sur moi et sur mes parents défunts, un regard de miséricorde. O
Jésus, soyez leur propice ! Appelez près de vous vos enfants et nos frères,
qu’ils reposent en paix !
Vingt – cinquième jour – Sixième moyen, le
chemin de croix
1. C’est le chemin du Ciel pour les
vivants
Cette dévotion si grande pour
les souvenirs qu’elle réveille, si précieuse pour les avantages qu’elle
procure, est le moyen le plus efficace pour vaincre nos passions et la route la
plus sûre pour arriver rapidement au sommet de la perfection. A chaque pas du
chemin de croix, nous comprenons ce qui a causé tant de douleurs à NSJC. Nous
devons craindre de pécher pour ne pas renouveler les souffrances de Sa Passion
et chercher l’esprit d’immolation et de pénitence pour devenir semblable, le
zèle du salut des âmes, l’amour de l’humilité et de la pureté, le pardon des
injures, la patience dans les épreuves et le renoncement au monde.
Si vous voulez croître dans la foi, disait
St Bonaventure, attirer à vous grâces sur grâces, et devenir semblable, non
seulement aux anges mais au Fils de Dieu, livrez vous souvent à cet exercice :
le Chemin de
2. C’est le chemin du Ciel pour les morts
Le chemin de croix est aussi
une pratique très salutaire à nos chers défunts. En suivant Jésus dans la voie
du calvaire, nous recueillons chacune des gouttes de son Précieux Sang, chacun
des mérites de son précieux martyre et nous les offrons à
Si vous désirez soulager et délivrer
beaucoup d’âmes du purgatoire, pratiquez pour elles cette dévotion. Vous
trouverez sur cette voie douloureuse, consacrée par les souffrances et la mort
de NSJC, la consolation dont votre cœur a besoin pour supportez les pertes des
personnes que vous pleurez encore et le moyen de leur ouvrir le Ciel. Quel
trésor pour vous et pour vos chers absents ! Prenez donc aujourd’hui la
résolution de faire le chemin de croix chaque semaine, jour mémorable, qui
parle si bien à notre reconnaissance.
3. Exemple
Une Mission avait lieu dans
une petite paroisse ; les paroissiens venaient en foule entendre la parole de
Dieu et solliciter son pardon. Trois hommes seulement refusaient avec
obstination d’en profiter. Ils avaient juré de ne pas mettre les pieds à
l’église et s’étaient surtout promis de ne pas se confesser. La femme de l’un
d’eux vint en parler à l’un des missionnaires. « Avez-vous des enfants ? lui demanda l’homme de Dieu. « J’en ai deux, jeunes encore »
« Eh bien, amenez les à l’église, faîtes dévotement avec eux le Chemin de Croix
pour les âmes les plus délaissées du purgatoire ; demandez par l’entremise de
ces âmes que vous aurez soulagées, la conversion de votre époux, et je vous
assure que vous l’obtiendrez. Car l’expérience m’a appris deux choses : que
l’exercice du Chemin de Croix est le moyen le plus efficace pour soulager nos
défunts et pour obtenir par leur intercession les secours dont nous avons
besoin. » Chaque jour à midi, l’épouse venait s’agenouiller au pied du
Tabernacle avec ses deux jeunes enfants et faisait avec eux le Chemin de Croix.
A chaque station, les enfants disaient du fond du cœur : « O Jésus, donnez le
repos aux morts et convertissez mon père ! » La veille de la clôture de
Prions – O Marie, Mère des douleurs ! Vous
qui avez si souvent médité le Mystère de
Vingt – sixième jour – septième moyen :
les indulgences
1. Combien elles sont précieuses
Nos péchés sont si nombreux
et si graves, nos réparations si légères, que nous nous acquitterions
difficilement en ce monde de la peine temporelle due à nos iniquités, si
l’Eglise ne suppléait à notre faiblesse en ouvrant le trésor des indulgences.
Trésor immense, inépuisable, qui se compose des mérites surabondants de NSJC,
de la bienheureuse Vierge Marie et des Saints. La clé en est confiée au
Souverain Pontife. Après
Par les indulgences qui sont
nombreuses, faciles à gagner, à la portée de tout le monde, nous avons le moyen
de contenter
Empressons nous donc
d’acquérir ces richesses spirituelles, plus précieuses que l’or, plus
abondantes, plus multipliées que jamais. Gagnons en beaucoup, gagnons en
souvent. Quel encouragement dans cette pensée : c’est pour mes parents bien –
aimés ; c’est pour elle ; c’est pour lui ; c’est pour l’âme la plus délaissée ;
c’est pour l’âme qui souffre le plus ; ils seront secourus ceux que j’aime et
que je pleure !
2. Comment il faut les gagner
Trois conditions sont
requises pour gagner les indulgences :
D’abord il faut être en état de grâce.
Dieu veut qu’avant de secourir les autres, nous fermions d’abord l’enfer sous
nos pas. D’ailleurs toutes les œuvres faites en état de péché mortel sont des
œuvres mortes et dépourvues de mérites.
Ensuite il faut avoir l’intention, au
moins générale, de gagner l’indulgence. Il est donc à propos de renouveler
chaque jour à la prière du matin, le désir de gagner des indulgences attachées
aux pratiques de piété que l’on peut faire dans la journée.
Enfin, il faut accomplir
intégralement les œuvres prescrites. Ce sont ordinairement des actes très
faciles à accomplir, qui durent peu et qui sont à la portée de tous les fidèles
: une courte prière, une légère offrande, une mortification, une communion…
De grâce, âmes chrétiennes, ne négligez
pas de procurer aux fidèles trépassés des trésors si faciles à gagner. Votre
insouciance serait elle excusable aujourd’hui surtout, alors que les
indulgences qui leur sont applicables sont si nombreuses et à la portée de tous
? Il dépend de vous de venir en aide à vos frères souffrants et il vous en
coûte peu. Si vous gagnez pour eux une indulgence partielle, vous abrégez le
temps de leur expiation ; si vous êtes assez généreuse pour en gagner une
plénière, l’âme à laquelle vous l’appliquez, est probablement libérée de toute
sa dette, le Ciel s’ouvre pour elle, elle s’y envole radieuse, emportant aux
pieds du Seigneur la reconnaissance qu’elle voue éternellement à son
bienfaiteur. « Mon fils, disait St Louis à la fin de son testament, souvenez
vous de gagner les indulgences de l’Eglise ».
(Nous avons la possibilité de
gagner aux conditions requises une indulgence plénière lors de visites sur
certains lieux de pèlerinage comme à Ste Marie des Anges près d’Assise à Collevalenza, à
3. Exemple
Un prédicateur de l’ordre de
St François venait de faire un sermon sur la charité et il avait accordé à ses
auditeurs 10 jours d’indulgence, selon le pouvoir qu’il avait reçu du Souverain
Pontife. Une dame de condition, qui n’avait conservé de son ancien rang que la
crainte d’avouer sa misère présente, vint la lui exposer secrètement. Le bon
Père lui fit la même réponse qu’autrefois St Pierre au boiteux de Jérusalem : «
Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je vous le donne. Je vous renouvelle
l’assurance que vous avez gagné 10 jours d’indulgence en assistant à ma
prédication ce matin. Allez donc chez tel banquier lequel n’a guère eu souci
jusqu’à présent des trésors spirituels et offrez lui en retour de l’aumône
qu’il vous fera, de lui céder votre mérite, afin que les peines qui l’attendent
en purgatoire en soient diminuées. J’ai tout lieu de croire qu’il vous donnera
quelque secours. »
La pauvre femme s’y rendit en
toute simplicité et avec beaucoup de bonne foi. L’homme l’accueillit avec
bonté. Il lui demanda, amusé, combien elle prétendait recevoir, en échange de
ses 10 jours d’indulgences. « Autant qu’ils pèsent dans la balance ». « Eh
bien, reprit le banquier, voici une balance. Ecrivez sur un papier vos dix
jours, et mettez le dans un des plateaux, je pose sur l’autre, une pièce… »
Prodige ! Le premier plateau ne s’éleva pas, mais au contraire, enleva celui de
l’argent. Etonné, le banquier ajouta une pièce, qui ne changea rien à ce poids.
Il en mit cinq, dix, trente, cent, autant qu’il en fallait à la suppliante dans
sa nécessité actuelle ; alors seulement les deux plateaux s’équilibrèrent. Ce
fut une leçon précieuse pour lui, car il comprit enfin la valeur des intérêts
célestes. Mais les pauvres âmes la comprennent bien mieux encore ; pour la plus
légère indulgence, elles donneraient tout l’or du monde. A nous de leur en
procurer le plus possible !
Prions – Vous connaissez mon indigence, O
mon Jésus ! Et dans l’excès de votre miséricorde, vous avez voulu que je trouve
dans le trésor de vos mérites et de vos satisfactions le moyen de suppléer à
tout ce qui me manque. Chaque jour je viendrai puiser dans ce trésor toujours
ouvert de précieuses indulgences qui acquitteront la dette de mes frères
trépassés. O Jésus, soyez leur propice ! Qu’ils reposent en paix !
Vingt-septième jour – huitième moyen :
l’acte héroïque de charité
1. Sa nature
L’acte héroïque consiste dans
l’abandon, entre les mains de Marie, au profit des âmes du purgatoire, de
toutes les bonnes œuvres, même de celles que d’autres feront pour nous, avant
ou après notre mort. Le Pape Pie IX dans son décret du 20 novembre
Il est incontestable que l’on ne perd rien
en abandonnant quelque chose à Dieu. Notre – Seigneur regarde ce que nous
faisons pour les âmes du purgatoire, comme si nous l’avions fait à Lui-même,
comme si nous l’avions délivré d’une prison de feu, ainsi qu’Il l’a révélé à
Ste Gertrude. Cet acte de charité est pour Marie aussi un grand honneur et une
grande joie, parce – que nous remettons tous entre ses mains, afin qu’elle
puisse délivrer ses enfants souffrants.
Remarque : Bien que cet acte soit appelé
parfois du nom de vœu, il n’en n’est pas un en réalité. Il n’est pas non plus
nécessaire de prononcer pour le faire, une formule déterminée. Un acte de
volonté et l’offrande faite du cœur suffisent pour donner droit aux indulgences
et aux privilèges. D’ailleurs cet acte de volonté peut être révoqué au gré de
celui qui l’a fait.
2. Les avantages de l’acte héroïque de
charité
Cette pratique est très utile
aux saintes âmes du purgatoire. Quels secours ne reçoivent elles pas tous les
jours, à chaque instant du jour, de toutes nos œuvres satisfactoires,
et surtout de celles qui nous seront appliquées durant notre vie, à notre mort,
et après notre passage à l’éternité ? C’est une douce et continuelle rosée de
suffrages et d’indulgences qui tombe sans interruption sur les âmes brûlantes
du lieu de l’expiation, adoucit leur peine et les console.
Cette donation héroïque n’est
pas moins avantageuse pour nous. Dieu qui est si bon ne nous rendra-t-il pas au
centuple tout ce que nous faisons pour ses enfants souffrants ? « Donnez et on
vous donnera, et vous recevrez une mesure bonne, pressée et abondante ».
Je vous conseille de faire aujourd’hui
même le vœu de charité héroïque, si vous ne l’avez déjà fait. Suivez l’exemple
d’un nombre très considérable de personnages illustres en dignité, en science,
en sainteté. Suivez les conseils du vénéré Pie IX qui recommandait souvent le
vœu héroïque et qui l’a enrichi d’indulgences.
Vingt-huitième jour – comment
pouvons –nous éviter le purgatoire ?
1. En pensant souvent au purgatoire
La pensée du purgatoire
ramène tout naturellement à notre esprit celle de la mort et du jugement, et
par là -même ne peut que nous inspirer de salutaires réflexions. « Pensez à vos
fins dernières, dit le St Esprit, et vous ne pécherez pas »
Elle a pour second avantage
d’inspirer l’esprit de pénitence et de mortification. A la vue de ces
souffrances et de ces angoisses si cruelles et si longues, à la vue de ces
innombrables victimes qui exhalent des plaintes, l’âme rentre en elle – même et
s’écrie : « Je veux enfin expier et racheter, profiter des jours que me laisse
Si avec la grâce de Dieu,
nous avions toujours cette vérité devant les yeux ! Il serait impossible que
nous ne devenions pas des saints et de grands saints. La pensée constante du
purgatoire retrancherait de notre vie une multitude de fautes légères, nous
inspirerait la pratique des plus sublimes vertus, et à notre heure dernière,
ornée de mérites, notre âme s’envolerait vers les Demeures Eternelles, sans
avoir à être purifiée au purgatoire.
2. En priant souvent pour les âmes du
purgatoire
Les Pères et les Docteurs de
l’Eglise pensent que ceux qui s’intéressent vivement aux âmes du purgatoire
échappent au purgatoire, ou n’y séjournent pas longtemps. Car, disent-ils, la
marque la plus infaillible de prédestination est de sauver des âmes puisque
Dieu a promis de nous faire le même bien que nous ferions aux autres.
Bienheureux les miséricordieux, parce - qu’ils obtiendront eux -même
Miséricorde.
Nous ne pouvons qu’espérer la
reconnaissance des âmes que nous aurons délivrées. Pourraient – elles se
montrer moins sensibles et moins charitables que nous ? A l’heure de notre mort
et de notre jugement, elles accourront et seront là comme des protecteurs, des
témoins à décharge, pour faire pencher la balance du côté de
Quel moyen presque assuré
d’éviter les rigueurs du purgatoire ! Suivons donc le conseil de l’Evangile : «
Faisons – nous des amis afin qu’au moment de notre mort, ceux que nous aurons
soulagés nous introduisent dans les Tabernacles Eternels »
Nos frères les morts sont
maintenant dans le besoin, mais pour peu que nous les aidions, ils montreront
au Ciel et nous ouvrirons eux -même la porte. Délivrons les du purgatoire et
ils nous empêcherons d’y tomber. Il est rapporté de Ste Catherine de Cortone,
qu’à sa mort, toutes les âmes qu’elle avait contribuées à délivrer vinrent la
recevoir en triomphe.
3. Exemple
On raconte qu’une personne
particulièrement amie des âmes du purgatoire avait consacré sa vie à les
soulager. Etant arrivée à l’heure de sa mort, elle fut assaillie avec fureur
par le démon qui la voyait sur le point de lui échapper. Il semblait que l’abîme
tout entier ligué contre elle l’entourât de ses infernales cohortes. La
mourante luttait depuis quelques temps au milieu des plus pénibles efforts,
lorsque tout à coup elle vit entrer dans son appartement une foule de
personnages inconnus, mais resplendissants de beauté, qui mirent en fuite le
démon, et s’approchant de son lit, lui adressèrent des encouragements et des
consolations toutes célestes. Poussant alors un profond soupir et transporté de
joie, elle s’écria : « Qui êtes vous, qui êtes vous de grâce, vous qui me
faites tant de bien ? » « Nous sommes des habitants du Ciel, que votre aide a
conduit à la béatitude, et nous venons à notre tour et par reconnaissance, vous
aider à franchir le seuil de ce lieu d’angoisses pour vous introduire dans les
joies de
Au profit des âmes du
purgatoire, il est aussi possible d’offrir : une visite à l’église, un
pèlerinage, l’usage de l’eau bénite, messes, neuvaines, prières, sacrifices,
actes d’amour, humiliations, jeûnes…
L’usage de l’eau bénite plaît
au Divin Sauveur. Chaque fois que le prêtre impose sa bénédiction à l’eau, il
agit en qualité de représentant de l’Eglise dont le Sauveur accueille toujours
les prières avec complaisance, quelque soit celui pour qui l’Eglise lui adresse
des prières « Quand vous prenez de l’eau bénite, faites tomber quelques gouttes
à terre pour les âmes du purgatoire en faisant le signe de la croix » nous dit
Maria Simma.
Prions – Ne permettez pas ô mon Dieu, que
j’éloigne de mon esprit, par une fausse sensibilité, la pensée si salutaire du
purgatoire. Gravez la profondément dans mon cœur comme un puissant moyen de me
préserver moi – même du purgatoire et de venir en aide aux âmes qui y
séjournent. Aidez moi à mettre un terme à leur exil et à leur ouvrir la porte
du Ciel.
Vingt-neuvième jour – Les
apparitions
1. Dieu permet-il aux âmes du purgatoire
de revenir sur la terre ?
Un des amis de St Augustin,
évêque d’Usale, lui posa un jour cette question : «
Que faut – il penser de ce qu’on a vu plusieurs personnes apparaître après leur
mort, aller et venir dans les maisons comme auparavant ? Que faut – il penser
encore de ce que, dans certains lieux où il y a des corps enterrés, on entend
souvent du bruit, à une certaine heure de la nuit ? »
« Je ne suis pas loin de
croire, répond le grand docteur, que ces sortes d’apparitions soient fréquentes
et naturelles aux morts ; car si cela dépendait d’eux, il n’y a pas de nuits où
je ne devrais voir apparaître ma pieuse mère, elle qui pendant sa vie ne se
séparait jamais de moi, et qui m’a suivi par terre et par mer, jusque dans les
contrées les plus lointaines. Mais je suis convaincu que
Pourquoi Dieu en effet ne
permettrait – il pas aux âmes suppliantes qui nous sont chères et qui souffrent
encore, de nous parler elles – mêmes, de nous dire leurs douleurs, d’implorer
notre pitié ? En fait,
Sans doute, il faut vous tenir en garde
contre la crédulité trop facile de ces personnes qui pensent à chaque instant
voir paraître et revenir les morts, et qui prennent pour une réalité les vains
fantômes d’une imagination exaltée par la douleur ou par les souvenirs. Mais
gardez vous de nier la possibilité des apparitions, puisque la raison dit que
Dieu peut les autoriser et que l’expérience démontre qu’Il les a en effet
autorisées plus d’une fois. Elles sont rares mais possibles.
2. Pourquoi Dieu le permet – il ?
L’Ecriture Ste nous apprend
que Samuel après sa mort, apparut à Saül pour lui adresser de justes et sévères
reproches. Pour moi je ne crains pas de dire hautement qu’une des raisons qui
paraissent les plus fortes pour déterminer Dieu d’accorder aux morts une
semblable permission, c’est sans contredit l’ingratitude de ceux qui les
oublient sur la terre, eux qui uniquement occupés à s’enrichir de leurs
dépouilles, les laissent souffrir indéfiniment dans le purgatoire, sans penser
à leur soulagement et à leur délivrance. Aussi ces pauvres âmes apparaissent –
elles ordinairement aux vivants sous une forme et dans une attitude qui excitent
la pitié et la commisération. Souvent leur visage est triste, des flammes
ardentes les environnent, elles poussent de profonds soupirs, des cris
plaintifs, elles exhalent des reproches. Quelquefois elles révèlent leur
présence par un bruit retentissant, par des symboles extraordinaires : c’est
toujours un signe matériel qui nous étonne et éveille en nous leur souvenir, en
nous poussant à prier avec plus de ferveur pour leur délivrance.
3. Exemple
Un jeune homme, issu d’une
famille chrétienne, fidèle à ses pratiques de piété, se mettait cependant peu
en peine de secourir les âmes du purgatoire. Il ne priait jamais ou presque
jamais pour ses parents défunts. Non content de ne pas pratiquer cette
salutaire dévotion par lui – même, il en dissuadait les autres, sous prétexte
d’une charité mieux placée. Pourquoi, disait – il tant s’occuper du sort des
trépassés, puisqu’ils sont assurés de leur salut et qu’ils ne peuvent ni
offenser Dieu ni le perdre ? Il ne croyait pas non plus aux apparitions, qu’il
tournait souvent en ridicule.
Pour le corriger, Dieu permit
à ces âmes affligées de sortir de leur prison et d’apparaître sous des formes
effrayantes à celui qui leur causait un si grand dommage. Elles l’assiégèrent
en tout lieu et à toute heure, poussant des cris
déchirants, remplissant ses yeux de fantômes étranges, glaçant son âme de
stupeur, ne la laissant reposer ni le jour ni la nuit.
Le moyen fut efficace. Le
jeune homme changea entièrement de conduite et de langage. Il quitta le monde
et entra dans l’ordre de St Dominique. Devenu prêtre, il voua aux âmes du
purgatoire un culte si éloquent en leur faveur, qu’il inspira à beaucoup le
désir de les soulager et on l’appelait amicalement : l’avocat des morts. Il
l’était en effet. Jamais on entendit de raisons si fortes, si convaincantes, si
nombreuses, que celles qui sortaient de sa bouche, pour prouver que la charité
la plus éminente que l’on puisse exercer en ce monde envers le prochain est de
prier pour les défunts. Il mourut en odeur de sainteté et son âme sans doute
s’envola au Ciel, près de celles qu’il avait lui – même délivrées par ses
suffrages. Imitons un si bel exemple de charité.
Prions – Mon Dieu, Vous êtes assez
puissant et assez bon pour nous envoyer des messagers extraordinaires, afin de
nous rappeler le souvenir et les besoins de l’Eglise Souffrante. Vous désirez
que nous venions à leur aide. Soyez leur propice, Seigneur. Appelez vos enfants
au séjour éternel et que la lumière qui ne s’éteint plus, luise sur eux !
Qu’ils reposent en paix.
Trentième jour – Les dernières volontés
des défunts
1. Il faut les exécuter fidèlement
Les dernières volontés des
mourants sont sacrées ! Nous sommes obligés de les respecter. Le Concile de
Trente recommande aux évêques de veiller attentivement à l’accomplissement des
legs pieux faits par les fidèles défunts. D’autres conciles vont jusqu’à priver
de la communion ceux qui s’approprient les dons des mourants ou qui diffèrent
d’accomplir leurs dernières volontés. Des lois si sévères nous font assez comprendre à quel point on se rend coupable, en
privant les défunts des suffrages qu’ils ont voulu s’assurer après leur mort.
Malheur donc à ceux qui profitent de la substance des pauvres âmes du
purgatoire ! Ils les privent du soulagement qu’elles auraient reçu, se
constituent en quelque sorte leurs bourreaux et deviennent responsables de
leurs souffrances. Dieu ne les absoudra pas aussi facilement, qu’ils le sachent
bien, et le jour viendra où Il leur demandera un compte rigoureux des ces
injustices qu’ils ne songent pas même à se reprocher. Ils seront probablement
punis, même dès ce monde, par des châtiments temporels, et qui nous dira la
longueur et la rigueur des peines qu’ils auront à endurer dans l’autre ?
Ame chrétienne, réfléchissez ; vos parents,
vos amis, vos bienfaiteurs, ne vous ont-ils pas fait en mourant de pieuses
recommandations ? Ne vous ont-ils pas demandé de vive voix ou par testament,
des prières et des messes ? Ne vous ont-ils pas au moins suppliés avec des
larmes de penser souvent à eux devant le Seigneur ? Avez-vous justifié la
confiance qu’ils avaient en vous ? Avez-vous satisfait pleinement et
consciencieusement à toutes les obligations qu’ils vous ont laissées ? Si vous
ne l’avez pas fait, hâtez vous donc d’acquitter cette dette sacrée de justice !
2. Il faut les exécuter promptement
Non seulement il faut
accomplir avec fidélité les suprêmes volontés des morts mais on doit le faire
le plus tôt possible, afin de ne pas priver ces âmes du soulagement que leur
obtiendront soit les messes qui seront célébrées pour elles, soit les dons aux
nécessiteux en prenant soin de les engager à prier pour leurs bienfaiteurs.
Chaque jour de retard est une faute dont nous sommes responsables.
Si nous comprenions ce que sont ces
terribles expiations du purgatoire ! Au lieu de différer l’accomplissement de
ce qui peut les adoucir, nous nous empresserions d’apporter de prompts et
efficaces secours à ces âmes si dignes de notre compassion, et dont certaines
nous ont été si chères. Que d’héritiers peu consciencieux ont de graves
reproches à se faire, à cause de leur négligence à remplir les engagements
sacrés qu’ils ont contractés envers leurs frères les morts !
Instruisez vous et ne donnez qu’à des
personnes de confiance le soin d’exécuter vos dernières volontés. Déposez entre
des mains bien sûres les sommes que vous destinez à de bonnes œuvres, ou à
faire célébrer des messes pour votre délivrance, après votre décès. C’est le
seul moyen d’être certain que vos volontés dernières seront accomplies, à moins
que vous n’ayez le bonheur d’appartenir à une de ces familles chrétiennes qui
avec la foi, ont conservé le respect dû au souvenir des morts.
3. Exemple
Ce trait montre à que point
sont punis parfois, ceux qui n’exécutent pas les volontés dernières des
mourants. Il est rapporté dans « les gestes de Charlemagne » qu’un vaillant
capitaine dont tout le monde vantait la bravoure, touchait au terme de sa
carrière. Il fit appeler alors un de ses parents qu’il avait souvent obligé et
lui dit : « J’ai passé soixante ans au service de mon roi sans jamais acquérir
autre chose que ma solde habituelle. Il ne me reste en mourant que mon fidèle
cheval qui m’a rendu tant de services. Quand j’aurai rendu le dernier soupir,
vous le vendrez et vous en donnerez le prix aux pauvres pour le soulagement de
mon âme. » Le parent promit. Quand le capitaine eût rendu son âme à Dieu,
cet homme séduit par la beauté et les qualités du cheval, le garda pour lui
sans faire aux pauvres l’aumône convenue. La moitié de l’année s’était à peine
écoulée que l’âme du défunt apparut à ce parent égoïste si peu fidèle à sa
promesse : « Malheureux ! Tu n’as point tenu tes engagements ! Aussi tu es la
cause de tous les tourments que j’ai endurés, car mon aumône m’en aurait
préservé. Et bien sache que ta conduite sera punie par une prompte mort et
qu’un châtiment tout particulier t’est réservé ; tu porteras la peine due à tes
propres fautes et tu souffriras à ma place toutes celles que je devrais encore
souffrir pour satisfaire à
Le coupable fut accablé par
cette menace et voulant mettre ordre à sa conscience, il se hâta de remplir les
dernières volontés du défunt, il fit tout ce qu’il put pour éviter les foudres.
Il ne put cependant éviter la mort du corps qui lui avait été annoncée et qui
l’enleva aussitôt après avoir accompli les volontés du défunt.
L’injustice et l’ingratitude envers les
morts sont détestées de Dieu et encourent Sa Sainte Colère dans ce monde et
dans l’autre. Empressons nous nous – même, de réparer nos injustices envers des
défunts, si nous en avons commis.
Prions – Ne permettez pas, ô mon Dieu,
qu’une coupable négligence me fasse manquer à mes devoirs de justice envers les
morts. Leurs droits sont sacrés, leurs dernières volontés seront également
sacrées pour moi. Je satisferai pleinement à toutes les obligations qu’ils
m’ont laissées, et si je puis, je vais accomplir dès maintenant celles que j’ai
pu négliger, par mon empressement, par mes prières, pour hâter l’heure de leur
délivrance. Jésus Miséricordieux ; Marie, reine du purgatoire, soyez leur
propice et qu’ils reposent dans la paix du Ciel.
Exemple à méditer…
Un homme avait trois amis et deux surtout
qu’il aimait d’un amour de prédilection. Un jour, il fut accusé devant la
justice d’un grand crime bien qu’il fût innocent. Qui de vous, dit il à ses
amis, veut m’accompagner jusqu’au Tribunal et protester énergiquement en faveur
de mon innocence ? Le premier s’excusa prétextant des occupations. Le second
l’accompagna jusqu’à la porte du tribunal, il s’y arrêta et revint bientôt chez
lui tremblant, redoutant la colère du juge. Le troisième, celui sur lequel
l’accusé comptait le moins, entra, parla en sa faveur, attesta son honorabilité
et son innocence avec une telle conviction que le juge lui rendit non seulement
la liberté mais lui accorda réparations.
En ce monde, l’homme a trois amis. Quand
Dieu l’appelle, à l’heure de la mort pour le juger :
- l’argent, son ami de
prédilection, ne va pas avec lui, il l’abandonne complètement et ne lui sert plus
à rien
- ses parents, et ses proches
l’accompagnent jusqu’à la tombe, lui jettent un peu d’eau bénite au dernier
adieu, et retournent tranquillement chez eux
- ses bonnes œuvres, le
troisième ami, celui dont il s’est peut être le moins préoccupé durant sa vie.
C’est tout le bien qu’il aura accompli pour l’amour de Dieu. Seules ses bonnes
œuvres lui restent fidèles, l’accompagnent devant le Seigneur, le précèdent,
parlent en sa faveur et obtiennent pour lui Pardon et Miséricorde.
Ames chrétiennes, dans votre testament,
n’hésitez pas à effectuer des dons pour des œuvres d’église et vous aurez des
amis dévoués qui vous ouvriront les portes du Ciel.
Quelques « révélations » sur
le purgatoire
Avant d’accéder au Paradis, les âmes des
élus passent en moyenne 30 à 40 ans dans le purgatoire.
Après la mort, chaque âme subit le
jugement particulier. En un instant défilent devant elles tous les détails de
sa vie terrestre. A moins d’une rare préparation et si elle est morte en amitié
avec Dieu, elle se sauvera d’elle –même dans ce lieu de purification… En effet,
elle ne peut accepter le face à face avec
Lors du jugement particulier, certains ne
voient que St Michel et leur Ange Gardien, mais c’est déjà un morceau du Ciel
si merveilleux… Et l’impatience de jouir enfin de la vision de Dieu et de son
Paradis se transforme en un véritable martyre.
Il est certain que dans le purgatoire, les
âmes gardent une forme humaine ; et les parties du corps humain qui ont été
souillées par des péchés non expiés, deviennent incandescentes dans le feu de
la purification.
Au fur et à mesure de leur purification,
les âmes du purgatoire s’élèvent dans des lieux moins douloureux.
Il existe trois étages dans le purgatoire
et à l’intérieur de chacun, de nombreux degrés. Le purgatoire inférieur ou
grand purgatoire est très proche de l’Enfer.
La différence avec l’Enfer est que l’âme
ne se révolte pas contre Dieu, elle ne désespère pas et ne souhaite pas son
malheur aux autres… Au contraire elle remercie Dieu de l’avoir sauvée, malgré
ses fautes et elle prie pour que ses proches se convertissent.
Pendant cet éventuel séjour dans le grand
purgatoire, les âmes des élus ne peuvent pas profiter des soulagements que leur
offrent leurs parents ou amis de la terre (sauf au « jour des morts »). Par
contre dans le purgatoire ordinaire, les âmes profitent des rafraîchissements
offerts par la terre mais à la condition expresse, que de leur vivant, elles
aient été elles – même charitables envers les pauvres âmes du purgatoire…
Justice oblige…
Offrez des messes pour les âmes du
purgatoire
A Cologne, deux dominicains étaient réunis
par une grande piété et une égale dévotion aux âmes du purgatoire. Ils vinrent
à se promettre que le premier qui mourrait serait secouru par l’autre, de deux
Messes par semaine, toute une année. Un jour, l’un des deux, le bienheureux Suzo, apprit que son ami venait de mourir. Il s’empressa de
beaucoup prier pour lui, de s’imposer de grandes pénitences, mais il avait
totalement oublié les Messes promises…
Un matin où Suzo priait à la chapelle, il vit tout à coup son ami lui
apparaître ; le cher défunt lui reprocha son infidélité… Suzo
cherchait à s’excuser en lui rappelant les nombreuses prières et les bonnes
œuvres qu’il avait faites pour lui. Mais le défunt s’écria : « Oh non non ! Cela n’est rien comparé à
Suzo, très impressionné, se promit de réparer
cet oubli au plus vite. Il alerta plusieurs prêtres pour l’aider à soulager son
cher défunt par de nombreuses messes. Au bout de quelques jours de ce
charitable secours, le défunt apparut à Suzo
environné d’une grande lumière, le visage rayonnant de bonheur et lui dit : «
Je vous remercie, mon fidèle ami, de la délivrance que je vous dois. Grâces aux
Saintes Messes qui ont été dites pour moi, je suis sorti du purgatoire et je
monte au Ciel où je verrai, face à face le Bon Dieu que nous avons adoré si
souvent ensemble. » Et il disparut.
Grâce à cet évènement et
jusqu’à sa mort, le bienheureux Suzo offrit le St
Sacrifice de
Faisons dire des Messes… Offrons à Dieu le
sang de Jésus… St Jean Chrysostome recommandait cette pieuse pratique : « Ayez
dans votre maison à une place apparente, une boîte où chacun puisse y déposer
l’obole des morts. Employez ces offrandes à faire dire des messes pour vos
défunts. »
Prières + une dizaine de chapelet - à dire
chaque jour
1. Litanies pour les âmes du purgatoire
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus – Christ, ayez pitié de
nous
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus – Christ, écoutez nous
Jésus – Christ, exaucez nous
Père Céleste qui êtes Dieu,
ayez pitié des âmes du purgatoire
Fils Rédempteur du monde qui
êtes Dieu, ayez pitié des âmes du purgatoire
Esprit Saint qui êtes Dieu,
ayez pitié des âmes du purgatoire
Trinité Sainte qui êtes un
seul Dieu, ayez pitié des âmes du purgatoire
Sainte Marie, priez pour les
âmes du purgatoire
Sainte Mère de Dieu, priez
pour les âmes du purgatoire
Sainte Vierge des vierges,
priez pour les âmes du purgatoire
Sainte Michel, priez pour les
âmes du purgatoire
Tous les Anges et les
Archanges, priez pour les âmes du purgatoire
Tous les chœurs des Esprits
Bienheureux, priez pour les âmes du purgatoire
Tous les saints Patriarches
et prophètes, priez pour les âmes du purgatoire
Saint Jean - Baptiste, priez
pour les âmes du purgatoire
Saint Joseph, priez pour les
âmes du purgatoire
Saint Pierre, priez pour les
âmes du purgatoire
Saint Jean, priez pour les
âmes du purgatoire
Tous les saints Apôtres et
Evangélistes, priez pour les âmes du purgatoire
Saint Etienne, priez pour les
âmes du purgatoire
Saint Laurent, priez pour les
âmes du purgatoire
Tous les saints Martyrs,
priez pour les âmes du purgatoire
Saint Grégoire, priez pour
les âmes du purgatoire
Saint Ambroise, priez pour
les âmes du purgatoire
Saint Augustin, priez pour
les âmes du purgatoire
Saint Jérôme, priez pour les
âmes du purgatoire
Tous les saints Pontifes et
Confesseurs, priez pour les âmes du purgatoire
Tous les saints Docteurs,
priez pour les âmes du purgatoire
Tous les saints Prêtres et
Lévites, priez pour les âmes du purgatoire
Tous les saints Moines et
Ermites, priez pour les âmes du purgatoire
Sainte Marie - Madeleine,
priez pour les âmes du purgatoire
Sainte Catherine, priez pour
les âmes du purgatoire
Sainte Barbe, priez pour les
âmes du purgatoire
Toutes les saintes Vierges et
Veuves, priez pour les âmes du purgatoire
Toutes les saints de Dieu,
priez pour les âmes du purgatoire
Soyez leur propice, pardonnez
leur, Seigneur
Soyez leur propice, exaucez
nous, Seigneur
De tout mal, délivrez les,
Seigneur
De votre colère, délivrez
les, Seigneur
De la sévérité de votre
justice, délivrez les, Seigneur
Du ver rongeur de la
conscience, délivrez les, Seigneur
Des ténèbres effroyables,
délivrez les, Seigneur
De leurs pleurs et
gémissements, délivrez les, Seigneur
Par votre Incarnation,
délivrez les, Seigneur
Par votre Sainte Nativité,
délivrez les, Seigneur
Par votre Nom très doux,
délivrez les, Seigneur
Par votre Baptême et votre
Saint Jeûne, délivrez les, Seigneur
Par votre profonde humilité,
délivrez les, Seigneur
Par votre grande obéissance,
délivrez les, Seigneur
Par votre amour infini,
délivrez les, Seigneur
Par vos angoisses et vos
souffrances, délivrez les, Seigneur
Par votre sueur de sang,
délivrez les, Seigneur
Par vos liens et vos chaînes,
délivrez les, Seigneur
Par votre couronne d’épines,
délivrez les, Seigneur
Par vos très saintes plaies,
délivrez les, Seigneur
Par votre Croix et votre
passion, délivrez les, Seigneur
Par votre mort ignominieuse,
délivrez les, Seigneur
Par votre sainte
Résurrection, délivrez les, Seigneur
Par votre admirable
Ascension, délivrez les, Seigneur
Par l’avènement du Saint
Esprit Consolateur, délivrez les, Seigneur
Tout pécheur que nous sommes,
nous vous en prions, écoutez- nous
Vous qui avez pardonné à la
pécheresse et exaucé le Bon Larron, nous vous en prions,…
Vous qui sauvez par votre
Grâce, nous vous en prions,…
Qu’il vous plaise de délivrer
nos parents, amis et bienfaiteurs des flammes expiatrices, nous vous en
prions,…
Qu’il vous plaise de délivrer
tous les fidèles trépassés de leurs souffrances, nous vous en prions,…
Qu’il vous plaise de prendre
en pitié ceux qui n’ont point en ce monde d’intercesseurs particuliers, nous
vous en prions,…
Qu’il vous plaise de faire
grâce à tous et de les délivrer de leurs peines, nous vous en prions,…
Qu’il vous plaise d’exaucer
leurs désirs, nous vous en prions,…
Qu’il vous plaise de les
admettre au Ciel parmi les élus, nous vous en prions,…
Agneau de Dieu qui effacez
les péchés du monde, donnez leur le repos
Agneau de Dieu qui effacez
les péchés du monde, donnez leur le repos
Agneau de Dieu qui effacez
les péchés du monde, donnez leur le repos éternel
Jésus – Christ, écoutez nous
Jésus – Christ, exaucez nous
Seigneur, écoutez ma prière
Et que ma supplication
parvienne jusqu’à Vous.
2. Credo
Je crois
en Dieu le Père Tout Puissant….
3. De Profundis
Des profondeurs de l’abîme,
j’ai crié vers Vous, Seigneur : écoutez ma prière
Que Vos oreilles soient
attentives à la voix de ma supplication
Si vous tenez compte de nos
iniquités, Seigneur, Seigneur, qui pourra subsister devant Vous ?
Mais Vous êtes plein de
miséricorde, et j’espère en Vous Seigneur, à cause de Votre Loi.
Mon âme s’est appuyée sur
Votre Parole, mon âme a mis toute sa confiance dans le Seigneur.
Depuis le matin jusqu’au
soir, Israël espère dans le Seigneur ;
Car dans le Seigneur est
C’est Lui qui rachètera
Israël de toutes ses iniquités.
Donnez- leur Seigneur le
repos éternel
Et que la lumière éternelle
les éclaire.
4. Salve Regina
Salut, ô Reine, notre vie,
notre consolation, notre espoir, salut. Enfants d’Eve, nous crions vers vous.
Vers vous, nous soupirons gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Ô
vous, notre avocate, tournez vers nous, vos regards compatissants, et après
l’exil de cette terre, obtenez nous de contempler Jésus, le fruit béni de vos
entrailles, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.
Priez pour nous, Sainte Mère de Dieu, afin
que nous soyons dignes des promesses de NSJC.
5. Prière pour les âmes du Purgatoire
Seigneur Jésus, prenez en
pitié les âmes détenues en purgatoire, pour le salut desquelles Vous avez
daigné prendre notre nature humaine et subir la mort la plus douloureuse. Ayez
pitié de leurs aspirations brûlantes à vous voir, ayez pitié de leurs larmes de
repentir, et par la vertu de Votre Passion, remettez leur les peines encourues
par leurs offenses. Très doux Jésus, que Votre Sang descende sur ces chères
âmes ! Qu’il abrège leur temps d’expiation et qu’elles puissent bientôt être
appelées auprès de Vous dans l’Eternel bonheur ! Amen
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